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Nouvel appel de Moïse Katumbi

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

Comme Charles de Gaule au temps fort de la 2ème guerre mondiale dans une France occupée qui lança son appel à la résistance depuis Londres, capitale du Royaume Uni, Moïse Katumbi a choisi la ville marocaine de Marrakech pour un nouvel appel à la mobilisation face à la tyrannie et à la dictature qui s’installent en République démocratique du Congo. « Levons-nous pour mettre un terme à ce pouvoir dictatorial. C’est notre droit et c’est notre devoir », rappelle Moïse Katumbi dans son message datant du 9 avril 2017. Il fonde son combat sur une évidence, à savoir « le Congo est notre patrimoine à tous et n’appartient pas à un seul homme. Nous avons le devoir de le protéger et de combattre ceux qui veulent se l’approprier ». Aussi invite-il le peuple congolais à le « suivre dans ce combat pacifique, qui me tient, plus pour longtemps, loin de mon pays, un combat pour lequel je consacre toutes mes forces et toute mon énergie ».

 

Par ailleurs, il est convaincu que la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre 2016 est « l’unique source de légitimité des institutions arrivées toutes fin mandat ». De ce point de vue, la mise en œuvre  dudit accord reste et demeure incontournable, note Moïse Katumbi qui maintient sa candidature à la prochaine élection présidentielle, quand bien même la famille politique du chef de l’Etat chercherait à en  retarder l’échéance par tous les moyens.

Voici l’intégralité de l’appel lancé par Moise Katumbi depuis Marrakech.

 

L’appel de Marrakech au peuple congolais

Debout Congolais ! Résistons

 

Mes chers compatriotes,

L’application contraire à l’esprit et à la lettre de l’accord de la Saint-Sylvestre, unique source de légitimité des institutions électives arrivées toutes fin mandat, illustre encore une fois le cynisme de Joseph Kabila et son irrespect du peuple congolais. En effet alors que l’accord stipulait que le Premier ministre devait être présenté par le «Rassemblement» et nommé par le Chef de l’Etat, Joseph Kabila a préféré nommer un homme qui a été exclu de son parti politique, l’UDPS, et qui ne fait donc plus partie du « Rassemblement ». Par ailleurs, Monsieur Kabila n’avait pas le droit de nommer le Premier ministre avant la signature de l’arrangement particulier qui devait fixer les modalités de l’application de l’accord. Rappelons que cet accord avait été signé pour mettre fin à la crise artificiellement créée par Monsieur Kabila et sa famille politique dans leur refus délibéré d’organiser les élections dans les délais constitutionnels.

Le stratagème de Monsieur Kabila et de son clan a pour objectif de décourager le peuple congolais, comme ils ont réussi à le faire avec la CENCO. Ils veulent le démobiliser et l’amener, par lassitude et résignation, à adhérer au schéma du référendum pour garantir son rêve de s’éterniser au pouvoir. Nul Congolais ne doit l’accepter.

Le moment est donc venu, pour nous, Congolais, de relever le défi de tous les peuples libres en nous inscrivant dans cet exaltant et permanent combat contre la tyrannie, l’injustice et l’oppression.

Dans cette lutte pacifique nous ne serons pas seuls, nous serons portés par l’esprit de tous nos martyrs de la liberté, ces anonymes et ces jeunes tombés sous les balles, du 4 Janvier 1959 à décembre 2016, en passant par janvier 2015. Dans cette lutte, comptons sur le courage et la farouche détermination des Jeunes Congolais, à l’instar des mouvements citoyens, de la société civile et des droits de l’Homme.

 

Pourquoi devons-nous résister?

1. Parce qu’en ne respectant pas l’esprit et la lettre de l’accord de la Saint-Sylvestre, Joseph Kabila et l’ensemble des institutions électives du pays sont devenus illégitimes. J’appelle donc les Congolais et la communauté internationale à ne pas reconnaître le gouvernement du nouveau Premier ministre.

2. Parce que notre peuple est soumis à une violente répression et à des exactions sauvages d’une extrême cruauté: comme en témoignent les massacres d’innocents à Béni, les charniers de Maluku, les fosses communes découvertes dans le Grand Kasaï, les tueries contre les populations civiles, l’assassinat des experts onusiens et la disparition de leurs accompagnateurs congolais, sans compter, les crimes, les viols, les humiliations, les arrestations arbitraires qui s’opèrent quotidiennement dans l’anonymat et l’indifférence coupable du pouvoir.

Toute voix qui ose s’élever contre cette barbarie est contrainte à l’emprisonnement, à l’exil et voit sa vie menacée. C’est ce sort qu’entendent nous réserver Joseph Kabila et son clan, pour pérenniser leurs privilèges indus et leur maintien au pouvoir, contre la volonté du peuple et en violation de la Constitution.

3. Parce qu’entre-temps, la misère sociale s’accroit de jour en jour. Les Congolais n’ont plus accès aux soins de santé de qualité. Les routes sont de plus en plus délabrées. Les prix flambent. Les préavis de grève menacent d’arrêt une administration paupérisée. L’eau courante et l’électricité ne sont plus que de lointains souvenirs pour une majorité de Congolais. Le peuple en est réduit à vivre d’expédients et de miettes. Sur ce volcan, Joseph Kabila et sa famille politique s’amusent et se moquent du peuple en accentuant la prédation et le pillage des maigres ressources de l’Etat dans le seul but d’assouvir leur intérêt égoïste.

 

Congolaises, Congolais, notre patience a ses limites. Résistons!

Trop c’est trop ! Le temps est venu de mettre ensemble un terme à la dictature, à l’oppression, aux arrestations arbitraires et aux condamnations motivées par des raisons politiques, aux exécutions sommaires, à l’impunité, à la gabegie, à l’amateurisme ainsi qu’à la navigation à vue au sommet de l’Etat.

L’heure est venue, devant Dieu et devant l’Histoire de dresser nos fronts longtemps courbés et d’accomplir l’immortel serment de liberté de notre hymne national. Debout Congolais ! Une fois encore, il nous revient de faire barrage à tout individu qui exerce ou conserve le pouvoir en violation manifeste de notre Constitution. Tel est notre droit. Tel est notre devoir !

Comme le disait le pape Jean-Paul II «N’AYEZ PAS PEUR» !

Nous n’avons pas eu peur en janvier 2015, en septembre et en décembre 2016 car nous savons qu’aucune armée ne peut résister à un peuple déterminé à prendre son destin en mains.

Joseph Kabila compte sur ses chars et ses fusils, alors que ceux qui les utilisent sont impayés et souffrent des mêmes maux que le reste de la population. Or, ceux qui commandent la répression en son nom font aujourd’hui l’objet de sanctions de l’Union Européenne et des Etats-Unis. Tous, y compris leur chef, sont observés par la Cour Pénale Internationale.

Le régime finissant de Joseph Kabila n’a pour force que notre peur ! N’ayons pas peur ! La force est de notre côté. Peuple Congolais, l’heure est venue de nous mettre en marche et de libérer notre pays de la tyrannie pour retrouver notre liberté, notre sécurité, notre indépendance.

 

En résumé,

Mes chers compatriotes,

Face à une application contraire à l’esprit et à la lettre de l’accord de la Saint-Sylvestre, face au cynisme de Joseph Kabila qui veut diriger la RD Congo par défi, face à la dictature qui s’installe, suivons l’exemple des pères de l’indépendance, prenons notre courage à deux mains. Levons-nous pour mettre un terme à ce pouvoir dictatorial. C’est notre droit et c’est notre devoir !

L’épreuve qui nous est imposée par une poignée d’individus déterminés à conserver le pouvoir envers et contre tout ne doit pas nous décourager. Au contraire, redoublons de courage, faisons entendre notre voix à travers toutes les provinces, les villes et villages du pays. Où que nous soyons, quel que soit notre statut notre fonction, notre appartenance, notre avenir est en jeu. Personne ne viendra à notre secours si nous acceptons l’inacceptable !

Ce 10 avril et jusqu’au 24 avril, date anniversaire de l’instauration du multipartisme, j’appelle tous les Congolais à marcher pacifiquement et à répondre massivement aux mots d’ordre du « Rassemblement » pour mettre un terme à ce pouvoir répressif et illégitime qui a décidé de gouverner le pays par défi.

 

Chères sœurs, chers frères,

Il en va de notre avenir, de celui de nos enfants et des générations futures. Le Congo est notre patrimoine à tous et n’appartient pas à un seul homme, nous avons le devoir de le protéger et de combattre ceux qui veulent se l’approprier. Je vous invite tous à me suivre dans ce combat pacifique, qui me tient, plus pour longtemps, loin de mon pays, un combat pour lequel je consacre toutes mes forces et toute mon énergie.

Ils sont une poignée, nous sommes 80 millions. Si nous sommes pacifiques et déterminés, la victoire est certaine. La force est au peuple.

 

Vive la République Démocratique du Congo

 

 

Moïse Katumbi Chapwe

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