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MP : Joseph Kabila est le seul maître à bord

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

Depuis le départ de sept partis politiques (G7) de la Majorité présidentielle en septembre 2015, il n’y a plus de sons discordants au sein de cette famille politique. Les partis politiques et personnalités membres de la majorité au pouvoir respectent à la lettre la ligne de conduite de la plateforme politique. Cette Majorité ne compte plus en son sein des partis politiques et cadres suffisamment forts pour faire valoir, dans l’intérêt de la nation, un son contraire à la ligne officielle de la MP. Joseph Kabila est resté le seul maître à bord.

 

La crise perdure en République démocratique du Congo. Les premiers coupables sont naturellement les dirigeants qui sont à la manette de toutes les institutions de la République. « Je me fais le devoir de rappeler la fragilité des fondamentaux de notre tissu économique », a dit Joseph Kabila mercredi dernier devant les deux Chambres du Parlement réunies en congrès ; reconnaissant, par là, la crise socioéconomique à laquelle fait face le pays. Un aveu d’échec dont la Majorité présidentielle ne doit pas en être fier.

Outre la crise socioéconomique que la nation traverse, il y a aussi l’insécurité qui prive la paix à des millions de Congolais sur une bonne partie du territoire national. A cela s’ajoute la crise politique, née de l’absence d’élections qui devaient assurer l’alternance démocratique en décembre 2016.

Pourtant, c’est pour prévenir toutes ces crises que le G7 avait claqué la porte de la Majorité présidentielle en septembre 2015. La seule revendication du G7 était que la MP respecte la Constitution en s’alignant sur la voie de l’alternance démocratique.

Pour ce faire, le président de la République ayant épuisé ses deux mandats constitutionnels, la MP devait jouer le jeu en se choisissant un autre leader susceptible de faire gagner la composante au prochain scrutin présidentiel.  Non seulement ces sept partis ont été exclus de la MP, mais jusqu’à ce jour, la famille politique du chef de l’Etat n’a jamais renoncé à son plan notoirement connu : retarder le plus possible les élections tout en scrutant le moment venu la possibilité de solliciter un référendum constitutionnel pour que l’autorité morale de la MP se représente à la présidentielle.

Une forfaiture que les Congolais, dans leur écrasante majorité, et la communauté internationale n’entendent pas cautionner. D’où, la persistance de la crise politique qui affecte tous les autres secteurs de la vie nationale. Dans l’incertitude politique actuelle, il est illusoire d’espérer d’attirer en RD Congo des investissements étrangers. Pendant ce temps, l’économie reste sérieusement touchée par la chute des cours de ses principales matières premières d’exportation, dont le cuivre et le pétrole.

Ces crises sont essentiellement le fait des choix politiques des dirigeants recrutés au sein de la Majorité présidentielle.  C’est dire donc que la descente aux enfers révèle de la responsabilité du régime en place. La MP n’a plus des personnalités capables d’influer positivement pour l’intérêt supérieur de la nation. Bien que membres du gouvernement, les cadres de la MP se comportent en courtisans.  Ce qui n’aide ni le président de la République encore moins l’Etat congolais.

 

Seul devant le destin de la nation

Aujourd’hui, la RDC est dans le collimateur de la communauté internationale. La résolution 2348 du Conseil de sécurité des Nations unies recommandant la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 a été votée à l’unanimité.  Cela veut dire que même la Chine et la Russie qu’on croit être proches du régime de Kinshasa ne seraient pas d’accord de fouler au pied ce compromis politique. L’Accord de la Saint-Sylvestre reste donc l’instrument le plus consensuel devant régenter la période de transition en vue de la tenue d’élections à même de favoriser l’alternance démocratique à tous les niveaux. La RDC est un des rares pays au monde où toutes les institutions à mandat électif ont épuisé leur mandat.

Il devient impérieux de mettre en place un gouvernement consensuel, conformément à l’Accord du 31 décembre 2016,  qui devait organiser dans le meilleur délai les élections afin de hisser le pays au diapason des Etats modernes.

A voir la persistance de la crise politique, polluée par le plan machiavélique de la MP, ce que cette famille politique n’a pas les personnes ressources à même d’influer positivement dans la résolution de la crise. Du secrétaire général de la MP à son porte-parole en passant par tous les membres de cette famille politique du chef de l’Etat, personne n’a la carrure nécessaire pour hausser la voix et dire que nous faisons fausse route et qu’il faut rectifier les tirs.

Obstinés à protéger leur privilège, les cadres de la MP sont incapables d’arrêter la descente aux enfers de la RDC. Isolée de la communauté internationale, avec une économie en perte de vitesse et plusieurs foyers de tensions, la RDC est au bord de l’implosion sans un gouvernement consensuel pour gérer cette transition.

C’est donc en homme seul que le président de la République se présente face à tous ces défis. Impossible de croire qu’il y aurait d’autre alternative à la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016.

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