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Kabila devant le congrès : une messe déjà dite

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

Le chef de l’État se présente ce mercredi devant le Parlement réuni en congrès. Après l’arrêt brutal des pourparlers menés par la Cenco, le rendez-vous est crucial. Sans doute, Joseph Kabila ne se démarquera pas de la ligne dure de sa famille politique qui a démontré qu’elle ne s’inscrit pas dans la voie de la décrispation.   Les deux jours de consultations au Palais de la Nation ont clairement dessiné le penchant du chef de l’Etat. De toute évidence, on assiste aujourd’hui à une messe déjà dite.

 

Pendant deux jours de consultations au Palais de la Nation, le chef de l’Etat, Joseph Kabila, a tâté le pouls de différentes forces politiques et sociales du pays avant de décider de s’adresser aujourd’hui  à la nation à travers le Parlement réuni en congrès. L’opinion nationale et internationale attend d’être fixée sur les chances de sortie de crise, après l’atterrissage en catastrophe des pourparlers menés par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) au centre interdiocésain.

Joseph Kabila devant le Congrès, c’est donc un évènement de haute portée politique. Il devra recadrer le processus mené par la Cenco en proposant éventuellement des pistes de solutions pour une sortie de crise  sans anicroches. Après avoir initié des consultations avec différentes forces politiques et sociales du pays, il doit s’être fait une idée du bout par lequel prendre la question de la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016.

Dans l’opinion, les spéculations vont dans tous les sens. Chacun y va de son imagination. Certains espèrent voir le chef de l’Etat se mettre au-dessus de la mêlée en adoptant véritablement la carrure de garant de la nation. Ce qui serait déjà un pas de plus dans la voie de la décrispation. D’autres, par contre, craignent que le chef de l’Etat se cabre sur la position affichée par sa famille politique, la MP, dont il reste et demeure à ce jour la seule autorité morale. Au Centre interdiocésain, les délégués de la MP ont fait preuve d’une intransigeance telle que les discussions directes parrainées par la Cenco ont capoté. En s’engageant sur cette voie, Kabila ne fera que raviver les tensions et enfoncer davantage la RDC dans la crise. Dans tous les cas, on n’y est pas encore. Mais, il y a des signes qui ne trompent pas. En effet, les deux jours de consultations ont ramené à la surface les vraies intentions du chef de l’Etat.

Le contraire aurait d’ailleurs étonné. Depuis le lancement le 8 décembre 2016 des pourparlers du Centre interdiocésain, la MP a multiplié des obstacles pour repousser le plus loin possible la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre. Elle a réussi son coup en confinant la Cenco à la capitulation le 27 mars 2017. Avec ses dernières consultations, le chef de l’Etat ne s’est pas démarqué de la ligne dure de sa famille politique.

Au Palais de la nation, Kabila s’est présenté en maître d’orchestre. Il porte une grande part de responsabilité de l’échec des pourparlers du Centre interdiocésain. Les consultations du Palais de la Nation l’ont révélé au grand jour. Elles ont formalisé la dislocation du Rassemblement, en alignant dans l’agenda des entretiens des personnalités réputées dissidentes du Rassemblement que conduit le duo Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi.

Il ne serait pas surprenant que l’on apprenne que Joseph Olenghankoy, Bruno Tshibala et consorts formeraient une aile du Rassemblement. C’est à se demander si ce serait une bonne politique en consacrant la ou les dissidences d’une plateforme politique adverse.

La présence de Valentin Mubake au Palais de la nation, qui se reconnaissait jusqu’à mardi dans le seul et vrai Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement  présidé par Félix Tshisekedi, a encore ravivé les suspicions concernant l’intention de la MP de neutraliser l’Opposition. Son argument selon lequel il a été reçu comme « personnalité politique » ne peut tenir debout. Le fait n’est pas anodin. Il tient à un schéma savamment réfléchi dans l’entourage du chef de l’Etat qui ne jure que par l’émiettement du Rassemblement.

Dans ces conditions, on ne peut pas s’attendre ce mercredi à une surprise au congrès. La messe a déjà été dite. Le congrès ne sera donc qu’une étape protocolaire pour entériner le choix du chef de l’Etat déjà opéré depuis belle lurette par sa famille politique. A moins d’un sursaut de dernière minute. Ce qui reste tout à fait aléatoire.

Un rendez-vous unique pour 2017

Au-delà de tous les commentaires en sens divers, Joseph Kabila a l’occasion, ce mercredi 4 mars, de tirer la RDC du gouffre dans lequel elle s’enfonce chaque jour. Le rendez-vous est unique pour l’année 2017. Car, selon l’alinéa 3 de l’article 77 de la Constitution, c’est « une fois l’an » que le président de la République « prononce, devant l’Assemblée nationale et le Sénat, réunis en congrès, un discours sur l’état de la nation ».

Il s’agit d’un quitte ou double. Il lui appartient de capitaliser ce moment ou d’encourager le saut dans l’inconnu. De son discours dépendra la marche de la RDC dans les prochains jours et mois, voire les prochaines années. Soit il durcit le ton, ce qui va davantage raviver le feu à travers le pays, soit il se présente en garant de la nation en privilégiant l’intérêt supérieur de la nation. La stratégie du débauchage  dans l’histoire de la RDC n’a jamais été payante.

Quid ? Le choix que le chef de l’Etat va opérer aujourd’hui donnera de l’espoir ou bien consacrera la rupture entre la MP et le Rassemblement, voire entre le pouvoir et le souverain primaire qui appelle de tous ses vœux l’organisation des élections à la fin de cette année.

Lundi 3 mars 2017, en réussissant son opération ville morte, Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi ont démontré leur capacité de mobilisation. Ce sont deux acteurs majeurs à ne pas minimiser dans le jeu politique en vue d’une sortie de crise. Une fois de plus, la MP a réussi à entraîner le chef de l’Etat dans un schéma qui s’avère contreproductif.

Démettre l’actuel Premier ministre Samy Badibanga, transfuge de l’Udps, en allant une fois de plus puiser dans la dissidence du Rassemblement ou de l’Udps ne va pas résoudre l’équation. Ce n’est pas de cette manière que l’on désamorcera les vives tensions politiques qui couvent dans tous les coins du pays. La MP et son autorité morale devraient, avec un peu plus de lucidité, tirer les leçons de la nomination de Samy Badibanga au poste de Premier ministre. Qu’est-ce qu’ils en ont tiré comme dividende politique ? Pas grand-chose. Si ce n’est enfoncer davantage le pays dans la crise.

Le schéma incontournable

Comme l’a si bien rappelé la dernière résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, l’Accord du 31 décembre reste et demeure le seul cadre pour sortir de la crise politique. Tout autre schéma qui s’écartera de celui convenu le 31 décembre 2016 sous l’égide de la Cenco ne fera qu’envenimer la situation, éloignant inexorablement les perspectives d’une paix durable.

 

Ce mercredi 5 mars 2017, seul devant sa conscience, le président de la République a l’occasion de baliser une nouvelle voie d’espoir pour le peuple congolais. Mais pour y arriver, le chef de l’Etat doit se dépouiller de cette tunique que lui font porter les caciques de sa famille politique.

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