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« Le Médiateur 2.0 » ou l’outil obligé pour des élections apaisées et l’alternance démocratique en RDC

Écrit par Propos recueilli par Amédée Mwarabu. Publié dans 5 Questions à...

Basile Mpoto est un Congolais de la diaspora résidant à Bruxelles. Dans la foulée des Concertations nationales en 2013, il a initié le projet « Le Médiateur de la République en RDC ». Ce concept transcende, selon lui, la médiation institutionnelle et intègre les modes alternatifs de résolution des conflits en vue surtout de retisser le lien social.  Son ouvrage intitulé « Le Médiateur 2.0 » est sous presse et servira d’outil pédagogique pour illustrer ce concept. Face à l’impasse actuelle, Basile Mpoto soutient que la RDC  ne peut se développer dans une insécurité récurrente et une corruption endémique. De son avis, « Le Médiateur » s’impose forcément aussi bien comme vecteur de la cohésion sociale que comme garant de la consolidation de l’Etat de droit.

 

Dites-nous, que doit-on comprendre par « Le Médiateur ? ».

D’un point de vue étymologique, le terme « médiateur » découle du latin « medium » et s’inscrit dans l’optique de la philosophie aristotélico-thomiste de la « phronesis », en grec, selon laquelle la prudence, la sagesse et/ou l’intelligence se justifie dans le juste milieu. Ou encore, plus communément, entre les extrêmes, dans l’entre-deux. Aussi, en extrapolant, l’adage latin ne stipule-t-il pas : « In vino veritas ! ». Quitte à s’y noyer avec modération.

Mais en l’occurrence, plus précisément, en matière de prévention et de gestion des conflits, le terme « médiateur » s’inspire à la fois de l’Ombudsman suédois, du Commissaire parlementaire anglais et, bien évidemment, de l’immémoriale tradition dialogique africaine. Il se précise dans un contexte de crise d’autorité et de légitimité. De ce fait, le processus de la médiation est tout un art à circonscrire dans le monde vécu des conflits interpersonnels et institutionnels. Il transcende la médiation institutionnelle et intègre les modes alternatifs de résolution des conflits en vue surtout de retisser du lien social.

Quel est l’objectif poursuivi par Le Médiateur ?

Le Médiateur est ce tiers-exclu neutre  qui concilie les protagonistes dans le but de promouvoir le vivre-ensemble, la paix sociale. Bref, il s’agit d’un paradigme de réenchantement sociétal, un nouveau modèle de régulation des rapports humains, un choix normatif en situation, qui se professionnalise. La médiation touche désormais tous les secteurs de la vie sociale, économique, politique et culturelle. Sa fonction sociale se précise au sein de l’institution du Médiateur de la République, en tant qu’une autorité administrative indépendante spéciale chargée d’améliorer les relations aussi bien dans le cadre institutionnel (services publics, entreprises, presse, etc.) que dans le cadre judiciaire ou encore dans les relations interpersonnelles (médiation scolaire, familiale, de voisinage, etc.). Le Médiateur de la République est, somme toute, à la fois l’individu, qui incarne l’institution, et  le Corps des Médiateurs de la République, avec qui il  évolue en synergie. L’approche étant ipso facto transversale.

Quel est le bien-fondé de ce projet ? En quoi est-il utile pour la République ?

De par sa position géostratégique, la RDC, en plein marasme socio-économique et politique, consécutif à un enlisement électoral inédit, est le centre névralgique à partir duquel risquent de se produire des déflagrations dévastatrices de toute l’Afrique. Or, un pays ne peut se développer dans une insécurité récurrente et une corruption endémique. Car, à en croire judicieusement le Pape Paul VI, dans l’Encyclique Populorum progressio, la paix sociale est l’autre nom du développement. Elle en est la condition sine qua non. De plus, d’autant que gérer, gouverner, c’est davantage prévoir, il s’avère que la quintessence du mécanisme autour duquel s’articule la structure « Le Médiateur de la République » en fait l’outil obligé en vue des élections apaisées et d’une alternance démocratique. En effet, le Médiateur de la République s’impose forcément aussi bien comme vecteur de la cohésion sociale que comme garant de la consolidation de l’Etat de droit et ce, à l’aune de  la Déclaration de Bamako.

Dans un pays où la méfiance, les antivaleurs ont élu domicile, est-il possible de mettre en œuvre un tel projet ? Quelles stratégies peuvent être envisageables afin d’atteindre les objectifs ?

Nous sommes certes victimes d’une extraversion socio-culturelle, spirituelle, politique et économique notoires. Il suffit pour s’en convaincre de stigmatiser, à titre illustratif, la dérive inflationniste des partis politiques et des églises de réveil. Ainsi, par exemple, la  Constitution amendée du 20 janvier 2011 s’inspire servilement des modèles étrangers, alors qu’elle aurait dû refléter le génie créateur de notre peuple. Je dénonce, en outre, le projet de loi organique phagocyté du 3 octobre 2016 portant institution, attributions et fonctionnement d’un Médiateur de la République. Fort heureusement que cela a été retoqué par l’Assemblée nationale.

Quant à la modélisation atypique de la structure « Le Médiateur de la République », elle exige, par contre, une culture d’excellence en symbiose avec les aspirations les plus profondes du peuple congolais. Elle doit être mise en œuvre, hic et nunc, dans l’optique d’une gouvernance participative et en intelligence avec le Institutions  de la République et les partenaires de la RDC.

Le projet « Le Médiateur de la République en RDC » est-il privé ou public ?

Il s’agit, en l’occurrence, d’un projet citoyen dont l’objectif spécifique consiste à impulser la dynamique de la cohésion sociale et du développement durable en RDC.

La RDC traverse une période critique, particulièrement sur le plan politique, est-il opportun votre projet ?

L’impulsion du projet est à déployer, sans délai, d’autant que la crise d’autorité et/ou de légitimité est flagrante. C’est en effet l’outil par excellence pour aboutir à des élections crédibles et à une alternance démocratique en 2017.

Résumé de l’ouvrage « Le Médiateur 2.0 » (encore sous presse)

En raison de sa position géostratégique, la République démocratique du Congo (RDC), en pleine  effervescence préélectorale, constitue le centre névralgique à partir duquel risquent de se produire des déflagrations dévastatrices de toute l’Afrique. Aussi, un sursaut éthique de l’intelligentsia congolaise aurait-il dû s’enclencher dans la visée des Concertations nationales de 2013 : « Face à une situation historique qui met la nation en péril, plus qu’une responsabilité, la cohésion nationale s’impose à nous tous : acteurs politiques, société civile, forces de défense et de sécurité et toutes les forces vives de la Nation. » Force est de constater qu’une telle cohésion sociale n’aurait dû, par conséquent, souffrir d’aucune conditionnalité. Il convient dès lors d’innover et de promouvoir, sans délai, un paradigme sociétal de réenchantement efficient. D’où la nécessité de valider et de mettre en œuvre un dispositif institutionnel et juridique de prévention et de médiation des conflits. C’est cette institution dite « le Médiateur de la République en RDC » qui fait l’objet du présent opuscule en tant que structure pérenne d’appui institutionnel à la cohésion sociale, à la bonne gouvernance et à la démocratie participative.

Il s’agit, en l’occurrence, d’un outil stratégique de veille citoyenne, propre au génie créateur de chaque peuple. Il est donc contextualisable, quoique s’inspirant à la fois de l’Ombudsman suédois, du Commissaire parlementaire anglais et, bien évidemment, de l’immémoriale tradition dialogique africaine. Il tire, en outre, aubaine du phénomène de « Leapfrogging » et de la révolution numérique. À cet effet, la pratique de la dialectique participative comme modalité de gouvernance au sein d’une société ouverte et inclusive est à déployer sous le registre de la réfutabilité. Bref, le Médiateur de la République participe, à travers les MARC – Modes Alternatifs de Règlement des Conflits – de la révolution « habermassienne » d’un système de justice plurielle promotrice des liens sociaux et de la mixité sociale. Une lecture attentive du livre « Le Médiateur 2.0 » permettra d’en déceler les réquisits sémantiques, juridiques et institutionnels propices à l’émergence tant espérée de ce géant africain où la justice, la liberté, la solidarité et le bien-être pour tous devront constituer le socle de la nouvelle citoyenneté.

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