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Audition du maire de Dakar, la défense dénonce un « procès politique »

Écrit par Cyprien Kapuku depuis Beijing/Chine. Publié dans Afrique

Aux arrêts depuis le 8 mars dernier, le maire de Dakar, Khalifa Sall, a été pour la première fois auditionné le vendredi 17 mars. Cet opposant  au président sénégalais, Macky Sall, est accusé de détournement des deniers publics, mais sa défense dénonce un procès politique de celui que l’on considère comme un prétendant sérieux à la prochaine présidentielle de 2019.

 

Le procès ne vient que de commencer. Le Maire de Dakar, Khalifa Sall, était devant un juge d’instruction qui l’a auditionné sur le motif de son arrestation. Le numéro un de la capitale sénégalaise est accusé "d'escroquerie portant sur des deniers publics, de détournement de deniers publics, d'association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux". La justice lui reproche des dépenses "non justifiées" de près de 3 millions USD prélevés, selon elle, dans les caisses de sa mairie.

Rien de plus n’a été révélé au cours de cette audition qui n’est qu’à sa première phase. Comme il fallait s’y attendre, l’inculpé a rejeté en bloc toutes les accusions portées contre lui. Il dit n’avoir pas touché aux comptes du Trésor, a affirmé  à l'AFP Me Bamba Cissé, l’un des membres du collectif des avocats du maire de Dakar.

 

Un candidat sérieux !

En attendant  l’issue  de l’instruction, Khalifa Sall, candidat  sérieux à la prochaine présidentielle, éventuellement,  contre l’actuel président, est toujours gardé en prison. Une décision qui n’enchante pas son conseil et  ses supporteurs politiques.

Le collectif des avocats de Khalifa, qui dénonce un procès politique,  s’active toutefois pour obtenir ne serait-ce que la liberté provisoire  de son client.

Evoquant  le dessous  des cartes de l’arrestation du maire de Dakar, Me Ciré Clédor Ly, l’un des avocats de la défense,  a déclaré que « Khalifa Sall est victime d'intrigues politiques dans lesquelles la justice a été embarquée pour l'empêcher de se présenter aux élections».

A Dakar, comme dans tous les coins du Sénégal, l’affaire Khalifa suscite l’ire de ses supporteurs. Pour eux, la justice serait à la solde du pouvoir qui tente par tous les moyens d’empêcher la candidature de  leur leader.

Selon un témoin proche de Khalifa, joint au téléphone depuis Beijing, «le maire de Dakar est pour le moment le politicien le plus populaire du pays… Il est pressenti sans doute vainqueur de la prochaine présidentielle, c’est la raison pour laquelle ses adversaires  cherchent à lui coller des affaires judiciaires non justifiées ».

Très remonté, ce témoin qui a gardé l’anonymat n’exclut pas une mobilisation populaire de grande envergure pour contrer ce qu’il qualifie de « complot » contre Khalifa Sall, dissident du parti socialiste et de la coalition au pouvoir.

Au Sénégal, la population a encore en mémoire l’affaire Karim Wade, fils d’un ancien président du Sénégal, qui était jugé et jeté en prison pour détournement des fonds publics, ensuite libéré après les pressions extérieures. Ce procès a été également considéré comme un règlement de compte entre les membres du régime Wade et ceux de Macky Sall.

Ainsi, pour les partisans de l’opposition, cela ne fait aucun doute : « la stratégie du pouvoir consiste à éliminer de la course présidentielle, tout candidat susceptible de faire face au président Macky Sall. » À qui le prochain tour ? Se demandent-ils, comme pour se moquer du pouvoir.

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