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En mission de plaidoyer aux USA, la Société civile échange sur la RDC aux Nations unies

Écrit par Stanislas Ntambwe.

 

Cette équipe est composée de Paul Nsapu, président de la Ligue des électeurs (LE), Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine des droits de l’Homme (Asadho) ainsi que de Floribert Anzuluni et Carbone Beya, respectivement, coordonnateur et chargé de mobilisation du mouvement citoyen Filimbi.

A New York, ces acteurs de la Société civile congolaise ont échangé, du 6 au 10 mars 2017, avec les diplomates accrédités de l’Union européenne, la France, la Grande-Bretagne, les USA, la Belgique, le Japon, l’Ethiopie, l’Ukraine, les Pays-Bas, la Suède et l’Italie. Ils ont également pris langue avec le département des Opérations de maintien de la paix ; le département des Affaires politiques ; l’Office du Haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’Homme (OHCHR).

Chine et Russie suspectées

Cependant, la délégation a, dans une déclaration publiée mardi 14 mars, exprimé son regret de constater que certains membres du Conseil de sécurité « continuent de refuser tout échange » avec elle. Il s’agit, notamment de la Chine et de la Russie. Mais avec ces diplomates, des échanges ont tourné sur « les violations des droits de l’Homme, la grave crise politique que traverse la RDC ainsi que le mandat de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco) ».

Concernant les violations des droits de l’Homme, la délégation a estimé que la situation était « alarmante », évoquant, notamment les massacres dans plusieurs parties du pays (Beni, Kananga et alentours, Tanganyika, Kongo Central,…). Ils ont parlé aussi de « la restriction des libertés individuelles et la répression violente par le pouvoir en place des initiatives citoyennes et pacifiques en faveur de l’alternance politique ».

Pour eux, cette situation est étroitement liée à « la grave crise politique que traverse le pays », ce qui a suscité la consternation des diplomates. La délégation affirme que le Conseil de sécurité a, « à l’unanimité, exigé qu’une enquête indépendante soit diligentée par les autorités congolaises. Au cas contraire, « une enquête internationale indépendante sera exigée ».

Illégitimité ?

Il ressort également de ces échanges que, c’est « l’illégitimité de toutes les institutions de la République » qui est à la base de la crise actuelle au pays. Laquelle illégitimité est liée à la « violation intentionnelle et violente de la Constitution par le régime en place ». Ensemble, ils ont convenu que l’Accord du 31 décembre 2016 est dorénavant la seule base qui pourrait garantir une certaine légitimité.

Bien que les Etats-Unis aient déclaré sa volonté de réduire le niveau de leur contribution aux Nations unies, les interlocuteurs ont rassuré les membres de la délégation sur le fait que le cas de la RDC demeure une priorité du Conseil de sécurité et que la nécessité d’une alternance pacifique, au plus tard décembre 2017, fait l’unanimité.

A propos de la Monusco, on note que la protection des civils demeure sa priorité, « avec un accent particulier en période électorale, sur la protection des activistes des droits de l’Homme, des activistes pro-démocratie, journalistes et opposants politiques », précise le communiqué. Ainsi pour ce faire, il est indispensable de rendre la Force de la Monusco « plus réactive ». Il est aussi important de renforcer le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’Homme (BCNUDH).

La délégation congolaise a également insisté sur la nécessité de réfléchir à la mise en place d’un système indépendant et international de contrôle et de suivi des activités de la Céni.

Par ailleurs, la délégation a aussi insisté sur la nécessité de formaliser un mécanisme permettant d’appliquer des sanctions ciblées à l’encontre d’individus impliqués dans des cas de violation graves des droits de l’Homme et d’atteintes aux libertés publiques et/ou qui entravent le processus électoral en cours devant aboutir à une alternance pacifique.

 

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