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Présidentielle française : F. Fillon croit encore la victoire possible

Écrit par Robert Kongo, correspondant en France. Publié dans Internationale

François Fillon, candidat de la droite à la présidentielle, a été mis en examen. Une première sous la Ve République. Ce statut constitue un handicap pour l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy qui croit encore la victoire possible.

 

Sa campagne était déjà folle, elle devient inédite. Mardi 14 mars, après des semaines de révélations médiatiques et de tractations dans sa famille politique pour le remplacer, François Fillon a été mis en examen dans l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs dont auraient bénéficié sa femme et ses enfants.

Pour la première fois dans l’histoire de la Vème République, un candidat majeur  à une élection présidentielle va donc se présenter aux suffrages des Français  avec une procédure judiciaire sur les épaules. Et les motifs retenus par les juges sont plutôt lourds à porter : «  détournement de fonds publics », « complicité et recel d’abus de biens sociaux » et « manquement aux obligations déclaratives ».

Judiciairement, François Fillon est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. Politiquement, il s’avance vers les urnes avec une image ternie par la divulgation de son train de vie. Loin de la probité qu’il prétendait incarner lors de la primaire face à Nicolas Sarkozy et à Alain Juppé.

Une situation qui provoque de la confusion, du désarroi mais aussi de l’ironie dans son propre camp. « Vous imaginez le général De Gaulle mis en examen pour détournement de fonds publics et se présenter quand même à l’élection présidentielle ? », a grincé sur Tweeter le sénateur du parti Les Républicains (LR) de l’Hérault, Jean-Pierre Grand.

Cette nouvelle étape judiciaire n’a surpris personne à droite. Surtout pas le candidat, qui avait déclaré aux « Echos », lundi 13 mars, ne pas se faire « beaucoup d’illusions » à ce sujet.

Malgré l’avalanche de révélations médiatiques, la défection de dizaines d’élus, et désormais la mise en examen, François Fillon, à l’instar de ses soutiens, croit encore la victoire possible. L’ancien premier ministre a beau être donné éliminé du second tour dans les sondages, il mise sur un éventuel décrochage du principal rival, Emmanuel Macron, et un rebond après avoir touché le fond.

Il est malheureusement plus que jamais à la peine pour rattraper son concurrent  et accéder au second tour de l'élection présidentielle. Dans un dernier sondage Ifop-Fiducial pour Paris-Match, Cnews et Sud-Radio, l'ancien premier ministre obtient 18,5% d'intentions de vote pour le premier tour tandis qu'Emmanuel Macron est crédité de 25,5%. Et Marine Le Pen continue de dominer les débats et recueille 26,5%.

« Il n y a pas de solution alternative »

Au lendemain des révélations sur l’emploi présumé fictif de son épouse, Penelope, le candidat Fillon avait juré sur TF1, le 26 janvier, qu’il se retirerait s’il était mis en examen. Mais pour sauver sa tête, il a changé de position, en disant s’en remettre uniquement au jugement des Français. Et non à la justice.

Il avait officialisé sa volte-face le 1er mars, lorsqu’il avait annoncé de lui-même sa convocation chez les juges et sa volonté de continuer. Quoi qu’il arrive. Le mot d’ordre est  désormais : «  Tenir bon ». Ce jour-là, François Fillon avait officiellement renié sa parole  et une partie de la droite avait quitté le navire pour trouver  un plan B.

Le dimanche 5 mars, lors d’un rassemblement de soutien au Trocadéro, à Paris, il a réussi à circonscrire cette fronde qui montait dans sa propre famille politique. Pour lui, la situation  est  simple : « Il n y a pas de solution alternative meilleure ».  La manifestation a eu l’effet escompté : Alain Juppé, potentiel plan B, a définitivement renoncé à se présenter et les ambitieux sont allés se rhabiller.

L'équipe Fillon mise sur les débats

A quelques semaines du premier tour, les fillonistes fondent beaucoup d’espoir sur les débats télévisés.

Le premier de l’élection présidentielle 2017,prévu le lundi 20 mars à 21h sur TF1 et LCI, rassemblera seulement les cinq favoris de la présidentielle : François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

« Fillon peut remonter lors des débats car il a une vraie colonne vertébrale », juge sa porte-parole, Florence Portelli. « Le débat, c’est la clé car c’est là que les Français pourront comparer, abonde le député de l’Oise, Eric Woerth. Cela devrait être un atout pour lui car il a beaucoup d’expérience en tant qu’ex-premier ministre, il a très bon projet et il est bon à l’oral. »

Ses proches tablent aussi beaucoup sur sa participation à « L’Emission politique », sur France 2, le 23 mars. Sans savoir si, entre-temps, de nouveaux rebondissements auront une nouvelle fois perturbé sa campagne

 

 

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