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Les Congolais lassés de leurs politiciens

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

Les politiques congolais ont démontré leur limite à s’entendre pour l’intérêt supérieur de la nation. La conséquence est cette crise multiforme que vit la nation présentement. La désespérance est telle que les Congolais sont lassés de politiciens. Toutes tendances confondues.

 

La République démocratique du Congo est en train de sombrer à une vitesse « grand V ». Plus rien ne va dans le pays. Tout se dégrade et sur tous les plans. Bref, c’est la descente aux enfers. Une situation que tous les partenaires de Kinshasa alertent, mais dont les acteurs politiques Congolais ne semblent ni mesurer la portée ni évaluer le danger qui guette le pays.

La situation devient intenable dans la patrie de Patrice Emery Lumumba. Pourtant, plusieurs observateurs avaient prévenu que la stratégie de la Majorité présidentielle(MP), consistant à renvoyer les élections aux calendes grecques, était suicidaire pour le pays. L’absence d’élections en 2016 est la cause de la crise multiforme que vit la RDC présentement. Marcher sur le pacte républicain concocté à Sun-city ne pouvait être sans conséquences fâcheuses. On en est là.

Le pouvoir pour le pouvoir

Kinshasa, par son stratagème machiavélique de ne pas jouer le jeu démocratique, a perdu toute la crédibilité devant la communauté internationale. Le pays de Lumumba est devenu inaudible à l’international et son image sensiblement ternie. La diplomatie congolaise est devenue l’ombre d’elle-même. Au lieu de parler au nom et pour l’intérêt de l’Etat, la diplomatie congolaise se complait à défendre et à faire la propagande de la Majorité présidentielle.

Le monde est devenu si sensible à la bonne gouvernance, au respect des droits de l’homme et aux valeurs démocratiques  qu’il est impossible que le régime de Kinshasa ait un quelconque crédit actuellement auprès de ses partenaires.

Bien au contraire, à la suite de la résolution 2277 du Conseil de sécurité du 30 mars 2016, la RDC est sujet au monitoring tant sur le respect des droits humains, sur le processus électoral que sur la démocratisation. Et pour preuve. Outre les mises en garde et diverses menaces, les sanctions ont suivi contre des personnalités qui persécutent la démocratie ou qui sont coupables de violation des droits humains en RDC.

Aux dernières nouvelles, ces sanctions vont s’accumuler et devront davantage concerner les grosses pointures du régime. Depuis le week-end dernier, certains défenseurs congolais des droits de l’homme sont à New-York et Washington pour consultation sur l’état des droits humains et le processus électoral en RDC. Les nouvelles sanctions sont donc inévitables dans les jours à venir comme l’a récemment promis l’Union européenne dans sa déclaration publiée le mardi 7 mars.

Le régime de Kinshasa semble opté pour « le pouvoir pour le pouvoir ». Aucun dialogue n’existe entre les dirigeants et la nation. Se drapant sous le manteau MP, les dirigeants  congolais ne peuvent trouver une oreille attentive dans la population. Ce qui justifie notamment la propagation des foyers de tension. Pour s’imposer, l’Etat use et abuse de sa force, en violation du droit international et des normes de gestion de manifestations.

Les frustrations s’accumulent

Les Congolais ont tellement accumulé des frustrations que la coupe est pleine et débordante. Les élections n’ont pas eu lieu en 2016 pour assurer l’alternance démocratique dans les institutions en commençant par le président de la République dont le deuxième et dernier mandat a échu depuis le 19 décembre 2016. Le compromis politique, trouvé le 31 décembre 2016 pour une transition pacifique pendant laquelle les élections devraient être organisées, est en train d’être torpillé par ceux qui ne veulent pas d’alternance démocratique. Sans la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre, il ne peut pas y avoir des élections en RDC.

Entre-temps, en ce mois de mars 2017, toutes les institutions (Président, Parlement, Gouvernorat, Assemblée provinciales) deviendront illégitimes. Du coup, la RDC va se retrouver avec des dirigeants non élus à la tête de toutes les institutions. Une forfaiture que les Congolais n’approuvent nullement.

C’est pendant ce moment que les Congolais, qui ont fondé l’espoir dans l’Accord du 31 décembre 2016, assistent perplexe aux dissidences au sein du Rassemblement, la seule frange de l’Opposition qui porte à ce jour les espoirs de l’écrasante majorité du peuple. Après la mort d’Etienne Tshisekedi, la MP a juré d’imploser cette plateforme à coup des billets verts, seul moyen de bloquer la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-sylvestre. La crise au sein du rassemblement a mis à nu la médiocrité de la classe politique.

La désespérance au zénith

A côté du processus électoral en panne, c’est l’insécurité qui sévit maintenant sur les quatre coins de la République : dans toute la partie Est (de l’ex-province Orientale à l’ex-province du Katanga en passant par les deux Kivu), dans l’espace Kasaï au centre du pays, au Kongo central et à Kinshasa dans la partie Ouest.

Les morts, les déplacés internes, les cases et les écoles  brulées, les violences sur les femmes sont le lot quotidien dans toutes ces poches d’insécurité. Tout ceci se passe sous la barbe du gouvernement.

A ceci s’ajoute la dramatique situation sociale. La RDC fait partie des pays africains frappés par la famine, selon l’OMS. Les Congolais assistent désarmés à la perte de leur pouvoir d’achat. Le franc congolais a perdu 25% de sa valeur en 2016 alors que le salaire des fonctionnaires et agents de l’Etat, des policiers et militaires n’ont pas bougé d’un centime de franc.

Avec un tel tableau sombre, il ne faut pas être expert pour comprendre que les Congolais en ont marre de l’enlisement dans lequel se trouve aujourd’hui leur pays. Tout sondage sur les opinions des Congolais en rapport avec la situation générale de la RDC traduirait la désespérance face à des dirigeants insouciants du sort de leurs compatriotes.

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