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Le refus d’appliquer l’Accord politique du 31 décembre 2016, une menace contre la Paix

Écrit par Donatien Ngandu Mupompa. Publié dans Société

L’Institut de recherche en droits humains (IRDH) note que le refus d’appliquer l’Accord politique du 31 décembre 2016 constitue une menace contre la paix, la sécurité et la stabilité de la RDC.

 

En effet, les chercheurs de cette ONGDH sont profondément préoccupés par la menace contre la paix, la sécurité et la stabilité de la RDC générée par la mauvaise foi des animateurs des institutions publiques membres de la Majorité présidentielle, qui font une interprétation inexacte, à dessein, des points III.3.1 ; V.I. et VI.2.2 de l’« Accord Politique global et inclusif du Centre interdiocésain de Kinshasa », portant respectivement sur le mode de désignation du Premier ministre, les mesures de décrispation politique et l’animation de la Présidence du Conseil national de suivi de l’Accord (CNSA).

Les chercheurs de l’IRDH attirent  l’attention du Président de la république et sa famille politique qu’il est de leur obligation primaire de faciliter le processus de mise en œuvre dudit Accord, notamment par la nomination du Premier ministre chargé de former le gouvernement ayant pour priorité, l’organisation  des élections prévues au cours de l’année 2017.

Ils insistent : « Toute manigance tendant à retarder le processus électoral ou à entraver la mise œuvre de l’Accord déstabilise l’Etat, porte atteinte au droit à la paix et crée de l’insécurité ».

En ce qui concerne la stabilité du pays, les chercheurs de l’IRDH constatent que toutes les institutions publiques ont besoin de reconquérir leur légitimité et légalité. Les mandats des sénateurs ont déjà expiré depuis 2012, celui du Chef de l’Etat a expiré en décembre 2016 et ceux des députés nationaux depuis février 2017. Afin d’éviter l’arbitraire et surmonter ce contexte politique dans lequel la coalition des partis au pouvoir (Majorité présidentielle) ne peut désigner d’autres animateurs de l’Etat, sans mandat du peuple, elle se doit d’appliquer l’Accord issu des négociations politiques du 31 décembre 2016.

La préservation de la paix, se fait avec des institutions légitimes. Les chercheurs de l’IRDH sont arrivés à la conclusion selon laquelle tous les foyers des protestations sont dus au fait de la déstabilisation des institutions publiques.

La sécurité de la population hypothéquée

Il en sort que sur 26 provinces que compte la République, neuf font l’objet de manifestations politiques récurrentes suivies de mort d’hommes et des milliers des déplacés internes. Il s’agit de la ville de Kinshasa, le Haut-Katanga, le Tangnyika, le Kasaï Central, le Kasaï Oriental, le Kongo-Central, l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Par ailleurs, des mouvements rebelles, des milices et autres groupes armés refont surface, au détriment de la paix.

La sécurité de la population et de leurs biens est complètement hypothéquée par l’imbroglio politique entretenu ces derniers mois. Le point culminant étant des attaques ciblées contre des paroisses de l’Eglise catholiques dans les provinces à haute protestation politique, à savoir : la ville-province de Kinshasa, le Kasaï Oriental, le Kasaï Central  et le Haut-Katanga.

L’IRDH ajoute : « De la mauvaise foi de la Majorité présidentielle, ses animateurs sèment sciemment de la confusion, en donnant une interprétation inexacte des dispositions, pourtant claires, de l’Accord qui donne une partie du pouvoir de la transition à l’opposition ».

L’Institut fait remarquer que concernant les mesures de décrispation politique confiées à la CENCO, le porte-parole du gouvernement, M. Lambert Mende Omalanga ne cesse de proférer des menaces d’arrestations contre M. Moïse Katumbi, candidat déclaré à la Présidence de la République. Les chercheurs de l’IRDH condamnent ces déclarations intempestives, incendiaires et humiliantes qui ne font qu’exacerber la tension politique.

S’agissant de la présidence du CNSA, il appartient aux membres du Rassemblement de designer un Président du Conseil des sages qui sera ipso facto Président du CNSA. L’IRDH désapprouve les propos de M. Adolphe Lumanu Buana Nsefu qui allègue que la présidence du CNSA a été confiée à Etienne Tshisekedi à titre individuel.

 

C’est ainsi que l’IRDH interpelle la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) à qui revient le mandat de la Communauté internationale de maintien de la paix, de la sécurité et de veiller à la stabilisation de la RDC, de soutenir l’Accord qui est sérieusement menacé par des intrigues de la Majorité présidentielle.

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