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19 décembre 2016 : « au moins 40 personnes dont cinq femmes et deux enfants, ont été tuées », selon l’Onu

Écrit par Stanislas Ntambwe. Publié dans Online Dépêches

Le rapport final des enquêtes menées dans le cadre de la journée fatidique du 19 décembre dernier, met en cause les forces de sécurité et de défense de la RDC.

 

Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme de la Monusco (BCNDH) a publié, mercredi 1er mars 2017 à Kinshasa et à Genève (Suisse), son dernier rapport sur des éventuelles violations de droits de l’homme commises le 19 décembre 2016, en République démocratique du Congo (RDC).

Dans ce rapport, l’Onu accuse clairement les forces de défense et de sécurité de la RDC d’avoir fait un « usage excessif et disproportionné de la force, parfois létale, pour empêcher et contenir des manifestations en décembre 2016 ». Selon le rapport du BCNUDH, « au moins 40 personnes, dont cinq femmes et deux enfants, ont été tuées entre le 15 et le 31 décembre 2016 dans plusieurs villes de la RDC, parmi lesquelles Kinshasa, Lubumbashi, Boma et Matadi ».

Les résultats de l'enquête du BCNUDH montrent que « 28 individus ont été tués par des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), six par des agents de la Police nationale congolaise (PNC) et les six autres lors d’opérations conjointes de la PNC et des FARDC. Toutes les victimes, sauf deux, ont été tuées par balle », précise le rapport.

« Au cours de la même période, poursuit-il, au moins 147 personnes ont été blessées par des agents de l'État, dont 14 femmes et 18 enfants, et au moins 917 personnes, dont 30 femmes et 95 enfants, ont été arrêtées par les forces de défense et de sécurité ». Le rapport note également que certains manifestants ont commis des actes de violence, dont le meurtre d'« au moins un agent de la PNC à Kinshasa le 20 décembre 2016 ».

« Civils non armés » 

D’après le BCNUDH, la plupart des victimes étaient des « civils non armés », blessés par balle au niveau des parties supérieures du corps, ce qui suggère, selon l’Onu, un « usage excessif et disproportionné » de la force par les forces de sécurité lors d’opérations visant à contenir les manifestations.

« De tels incidents aussi graves sont inquiétants, en particulier dans le contexte actuel. Le Gouvernement est le premier responsable de la mise en œuvre des mesures de confiance prévues par l'Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016 afin d’atténuer les tensions et de créer un environnement propice à la tenue d'élections pacifiques. La Monusco continuera d'appuyer les efforts déployés par le Gouvernement visant à atteindre ces objectifs, notamment par le biais d’enquêtes et de sanctions fermes contre tous les responsables de violations graves des droits de l'homme », a déclaré Maman Sambo Sidikou, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC.

Et Maman Sidikou de souligner que « la Monusco reste déterminée à accompagner la RDC vers des élections pacifiques, crédibles et inclusives », a souligné M. Sidikou.

En outre, le rapport condamne le fait que, alors que les opérations de gestion des foules sont normalement du ressort de la PNC, des militaires des FARDC, y compris ceux de la Garde républicaine et de la Police militaire, ont été déployés pendant la période considérée pour contenir les manifestations, bien qu’ils ne soient « ni convenablement équipés ni suffisamment formés pour ces opérations ».

Impunité ? 

Par ailleurs, le directeur du BCNUDH en RDC, José Maria Aranaz, considère que l’absence d’identification des responsabilités pour les violations passées des droits de l'homme, y compris celles qui ont été commises lors des manifestations de Kinshasa les 19 et 20 septembre 2016, peut avoir encouragé un « sentiment d'impunité » et incité les forces de défense et de sécurité à commettre d'autres violations en décembre 2016.

« Une fois de plus, nous constatons de graves violations des droits de l'homme, commises de façon flagrante et en toute impunité par les forces de sécurité, qui ont fait un usage excessif de la force contre des manifestants non armés, en violation flagrante du droit international des droits de l’homme et des normes internationales », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

Ainsi, demande-t-il au Gouvernement congolais de « veiller à ce que les responsables des violations commises dans le contexte des événements qui ont marqué la fin du deuxième mandat constitutionnel du Président Joseph Kabila rendent des comptes et soient traduits en justice ». « Des mesures doivent également être prises, à tous les niveaux, pour que l'exercice légitime des libertés fondamentales par la population ne conduise pas à la perte de vies humaines et à d'autres violations graves des droits de l’homme », a insisté Zeid Ra'ad Al Hussein.

Il appelle donc le Gouvernement de la RDC à adopter « d'urgence la loi sur la liberté de manifestation pacifique et la loi sur les défenseurs des droits de l’homme ». « Ceci, croit-il savoir, est crucial pour les mois à venir durant lesquels la RDC se dirige vers la mise en œuvre de l'Accord politique du 31 décembre et préparer la prochaine élection présidentielle ».

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