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Le gouvernement se dévoile : pas d’élections en 2017

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

 

Programmer les élections pour un coût global estimé par la Ceni à 1,8 milliards Usd est loin de la capacité du gouvernement. La confession est du ministre d’Etat chargé du Budget. Un pavé dans la mare qui ne restera pas sans effet sur le climat politique, particulièrement tendu. En jetant l’éponge, le gouvernement renvoie aux calendes grecques les élections pourtant projetées en 2017 par l’Accord du 31 décembre.

2018 va succéder à 2017 et tel un piège sans fin, le report ira jusqu’à l’infini. On est donc entré dans une longue période d’instabilité aux conséquences imprévisibles.

De tout temps, on a toujours déploré, dans le chef du gouvernement, le manque de volonté manifeste d’organiser les élections dans les délais. En 2016, alors que s’approchaient les échéances fixées par la Constitution, le pouvoir en place ou la Majorité présidentielle - c’est selon - a multiplié des exceptions pour repousser le plus loin possible les élections.

Dans sa quête du glissement du cycle électoral, le pouvoir a fini par obtenir gain de cause en amenant dans son bateau toute la classe politique. Il s’est servi, dans un premier temps, de l’accord politique de la Cité de l’Union africaine conclu le 18 octobre 2016, puis de l’accord du 31 décembre 2016 parrainé par la Cénco (Conférence épiscopale nationale du Congo).

Au cours de toutes ces étapes de négociation, la MP a cherché par tous les moyens à rendre de plus en plus élastique le cycle électoral. Et dans ses différentes manœuvres, la Céni, totalement inféodée à la au pouvoir en place, joue subtilement sa comédie. Un rôle crucial dont la MP se réjouit en jetant des cous moqueurs en direction de l’Opposition. Ainsi, à chaque fois qu’on a tenté de remettre en cause ses choix, la Céni s’est vite rétractée derrière l’indépendance que lui reconnait la Constitution comme seul pouvoir organisateur des élections. Or, en réalité, la Céni n’est qu’un appendice du gouvernement, totalement inscrit dans le schéma du glissement du cycle électoral.

Le pavé de Kangudia

Hier mercredi, le ministre d’Etat chargé du Budget, Pierre Kangudia, a fait, devant la presse conviée dans son cabinet, une révélation qui a laissé tout le monde pantois. Sans circonlocutions, Pierre Kangudia a déclaré, pince sans rire, que le gouvernement, dans l’état actuel des finances publiques, est dans l’impossibilité de réunir le budget de 1,8 milliards Usd prévu par la Céni pour financer tout le cycle électoral. La conséquence immédiate de cette déclaration est qu’en 2017, il n’y aura pas d’élections, comme le prévoit l’accord politique du 31 décembre 2016, conclu sous l’égide des évêques.

Au cours de son premier face-à-face avec la presse, le ministre du Budget n’a pas caché son scepticisme au vu de maigres moyens à mis à sa disposition. « Je ne peux pas faire de formalisme. Même si les perspectives semblent s’améliorer, il sera difficile de mobiliser 1,8 milliards de dollars cette année pour les élections », a-t-il indiqué.

Dans la foulée, le ministre d’Etat, estampillé UNC de Vital Kamerhe, a précisé qu’il était « possible » de financer certaines élections avec moins d’argent si les politiques s’entendent sur la séquence réelle du cycle électoral. Pour cacher l’incapacité de son gouvernement, Pierre Kangudia a agité un épouvantail : « Nous avons trouvé une casserole vide mais trouée, je dis bien trouée avec 512,2 milliards de déficit. Il nous faudra d’abord souder cette casserole avant de penser à mettre quelque chose dedans ».

De 347,7 milliards de FC à 512,2 milliards en décembre 2016, le déficit de l’Etat à l’investiture du gouvernement Badibanga est tombé à 503,3 milliards à la fin du mois de janvier, a annoncé Pierre Kangudia. A la fin du mois de janvier, le solde comptait un bonus de 5,9 milliards, l’inflation mensuelle au premier mois de janvier a baissé à 1,4% contre 4,4% à la fin du mois de décembre 2016. La priorité de la nouvelle équipe, a expliqué le ministre d’Etat, est d’équilibrer les comptes pour stabiliser le taux de change et les prix.

Revirement spectaculaire

Le pouvoir sait avilir. Car, Pierre Kangudia, le même, qui s’attaquait de manière virile au gouvernement Matata, est tombé dans le même piège. Au mois d’avril 2016, alors cadre de l’UNC, Pierre Kangudia s’en était pris au gouvernement qu’il jugeait responsable de l’asphyxie financière de la Céni.

Dans un tweet resté célèbre, Pierre Kangudia, qui répondait au ministre Félix Kabange, aujourd’hui son collègue dans le gouvernement Badibanga, permuté aux Affaires foncières : « L’évidence, M. le ministre, c’est la volonté manifeste de votre régime à refuser de doter la Ceni des moyens ». Son chef de parti, Vital Kamerhe, répliquait dans les termes similaires : « Ce n’est pas le temps et l’argent qui manquent, mais la volonté politique du pouvoir ».

A moins d’une année, le temps d’un passage de l’Opposition au gouvernement, Pierre Kangudia a tout oublié, jusqu’à renier ses propres déclarations et celles de son président, Vital Kamerhe. Si le ridicule pouvait tuer !

Bien placé au gouvernement Badibanga, dans le juteux portefeuille du Budget, Pierre Kangudia ne se voit pas partant à très brève échéance. Et, la meilleure façon de continuer à jouir des privilèges liés à ses nouvelles fonctions est de retarder davantage les élections.

Pierre Kangudia cherche juste à soigner l’image du gouvernement dont il fait partie. En clamant tout haut que son gouvernement est dans l’impossibilité de mobiliser des fonds nécessaires pour financer les élections, Pierre Kangudia n’a peut-être pas mesuré la conséquence politique de ses déclarations. Pour un gouvernement issu de l’accord du 18 octobre 2016 qui a reçu principalement la mission d’organiser les élections, le fait d’avouer aujourd’hui que ce même gouvernement n’est pas en mesure de financer les élections est un motif valable pour réclamer sa démission. Mais…

Voilà une raison qui milite en faveur de la mise en place d’un gouvernement  qui soit capable de mobiliser aussi bien en interne qu’ à l’externe des moyens nécessaires pour conduire le plus rapidement possible le peuple congolais aux élections. En jetant l’éponge, le gouvernement Badibanga s’est mis en bonne position de démissionner. Qu’est-ce qui justifierait son maintien sans élections en 2017 ?

L’urgence d’un nouveau gouvernement, plus engagé et déterminé à frapper dans toutes les portes pour répondre aux besoins financiers de la Céni, s’impose. Le Premier ministre Badibanga a montré ses limites – foi de son ministre du Budget. Quoi de plus normal qu’il rende le tablier pour incapacité à conduire le peuple congolais aux élections. Car, s’accrocher au budget total des élections serait une tricherie. Tous les experts sont d’avis qu’avec les moyens disponibles actuellement il y a lieu d’organiser ne serait-ce que l’élection présidentielle en 2017.

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