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16 février 1992 – 16 février 2017 : il y a 25 ans, les chrétiens marchaient pour la démocratie

Écrit par F.K.. Publié dans A la Une

Le 16 février 1992, les chrétiens catholiques bravaient la fureur de la dictature de la 2ème République en organisant une marche pour plus de liberté et de démocratie.  C’était la « marche pacifique des chrétiens ».

La date du 16 février 1992 est restée mémorable, autant l’est aujourd’hui le 16 juin 1976, date commémorative du massacre de Soweto dans la lutte contre l’ignoble régime de l’apartheid. 25 ans après, que reste-t-il encore au moment où la Cenco tente de sauver la démocratie congolaise en péril ?

En République démocratique du Congo, la date du 16 février 1992 porte une lourde charge émotionnelle dans la longue marche vers la démocratie. 25 ans après, on se souvient encore de ces chrétiens, tous derrière leurs curés, marchant et scandant des cantiques à l’honneur de la démocratie. En face, il y avait Jean Nguz Karl-I-Bond, Premier ministre de Mobutu, qui venait de fermer quelques jours auparavant « avec force » la Conférence nationale souveraine.

Ce jour-là, le 16 février 1992, à l’appel des mouvements laïcs de l’Église catholique, des dizaines de milliers de personnes descendent dans la rue pour réclamer la convocation « immédiate » de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Pris de panique, le gouvernement fait intervenir l’armée et la police qui, sans broncher, ouvrent le feu sur les manifestants. Le bilan officiel fera état d’une vingtaine de morts, pendant que l’opposition en déclarera quasi une centaine.

Cette répression dans le sang connue désormais comme « La marche pacifique des chrétiens » va soulever une indignation et un tollé général de protestations à travers le pays et même à l’extérieur. Mobutu sous pression et acculé de toutes parts, fini par céder. La Conférence Nationale devient Souveraine et ses travaux reprennent en avril 1992. Ils se poursuivront normalement jusqu’au 14 août 1992 lorsque Tshisekedi est élu Premier ministre du gouvernement de transition qui doit conduire le pays vers les élections.

Curieusement, 25 ans après, le Zaïre, qui s’est entre-temps mué en République démocratique du Congo, se trouve dans un contexte presque similaire à ce qui a conduit, en 1992, à l’appel de la marche des chrétiens pour la démocratie. 25 ans après, le pays a reculé dans bien des compartiments. 25 ans après, la RDC patauge et balbutie dans sa quête de la démocratie.

En 2006 et 2011, l’organisation en l’espace de cinq ans des élections libres et démocratiques – quoi qu’entachées en 2011 de flagrantes irrégularités – augurait de bonnes perspectives dans la consolidation de la démocratie. Hélas ! Cet élan s’est brutalement arrêté. Depuis le 19 décembre 2016, date coïncidant avec la fin constitutionnelle du mandat présidentiel, pouvoir et Opposition se trouvent en concertation pour une cogestion de la période transitoire, censée baliser la voie aux élections.

A ce jour, aucune lueur d’espoir n’est encore apparue dans les concertations directes que facilite la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo). Avec la mort, le 1er février à Bruxelles, d’Etienne Tshisekedi, on est désormais entré dans une période d’incertitudes. Les prochains jours sont totalement imprévisibles.

Dans un tweet, le sénateur Modeste Mutinga effleure le problème. Il s’interroge en ces termes : « Le 16 Février marche des chrétiens: un souvenir douloureux. Tshitshi n'est plus. La démocratie est bloquée. Qu'attendre de la Cenco ? » Le sénateur a une bonne raison de s’inquiéter. Car, que reste-t-il encore de cette date ?

Que reste-t-il encore ?

En RDC, la date du 16 février 1992 renvoie à la « marche des chrétiens » pour la démocratie. En Afrique du Sud, le 16 juin 1976 rappelle à la communauté noire d’Afrique  du Sud le massacre de Soweto. Entre ces deux évènements, il y a une parfaite coïncidence de date : le 16ème jour du mois. Ce n’est donc pas fortuit.

Cependant, si en Afrique du Sud, le 16 juin 1976 est une date que les Noirs  enseignent à leurs enfants pour perpétuer dans l’imaginaire collectif la lutte menée par l’occupation blanche, en RDC, la marche du 16 février 1992 n’existe plus dans la mémoire collective des Congolais.

Le 16 février 1992 passe désormais pour une date vulgaire. L’on a tous oublié ces hommes, femmes et enfants tombés sur le champ de la démocratie. 25 ans après, leur âme réclame réparation, en l’inscrivant parmi les dates à commémorer. Autant qu’on célèbre le 4 janvier de chaque année les martyrs de l’indépendance, autant on devrait se souvenir, le 16 février de chaque année, de ces Congolais et Congolaises tombés au front pour le triomphe de la démocratie. Et la meilleure façon d’honorer leur mémoire est de réussir à consolider la démocratie.

Conclure de la plus belle manière les discussions directes de la Cenco en ce mois de février, mois de la « marche des chrétiens » seraient une bonne manière de se souvenir de ceux qui, le 16 février 1992 à Kinshasa, ont payé le plus lourd tribut, c’est-à-dire la mort, pour que la RDC soit un jour un Etat véritablement démocratique.

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