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Une fuite en avant

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

La République démocratique du Congo est à sa troisième expérience dans l’organisation des élections démocratiques, sous l’ère Kabila. En 2006, la RDC a organisé les deux tours de la présidentielle, des législatives nationales et provinciales, des urbaines et sénatoriales.

En 2011, Kinshasa a organisé la présidentielle à un tour et les législatives nationales. Après ces élections, la RDC n’a pas pu organiser de scrutins durant tout le quinquennat 2012-2016.

C’est cette absence d’élections qui est à la base de la crise politique actuelle qui a débouché initialement sur l’Accord politique issu du dialogue nationale de la cité de l’Union africaine signé le 18 octobre 2016. Le gouvernement Badibanga est l’émanation de cet accord politique entre la Majorité présidentielle et une petite frange de l’opposition et de la Société civile.

L’accord duquel émane le gouvernement Badibanga assigne à celui-ci comme mission principale d’organiser les élections. Contre toute attente, le ministre d’Etat en charge du Budget a affirmé haut et fort, hier mercredi 15 février, que son gouvernement n’est pas en mesure d’organiser les élections courant 2017, tenant compte des prévisions budgétaires.

La République démocratique du Congo serait-elle le seul pays africain incapable d’organiser ses propres élections ? C’est en tout cas la thèse que tente de faire gober aux Congolais le gouvernement Samy Badibanga en prétextant n’avoir pas de moyens financiers pour organiser les élections. Si cette équipe gouvernementale était logique avec elle-même, elle devrait démissionner. Issu de l’accord politique de la cité de l’Union africaine, le gouvernement Badibanga ne devait ménager aucun effort pour remplir sa principale mission, à savoir la tenue d’élections.

En alléguant qu’il ne dispose pas de moyens financiers pour organiser les élections cette année, conformément à l’Accord global et inclusif du 31 décembre, le gouvernement Samy Badibanga fait une fuite en avant. Mieux, cet Exécutif est en train de jouer le jeu de la Majorité présidentielle qui, durant cinq ans, n’a pas voulu organiser les élections. Une stratégie machiavélique qui consiste à pérenniser le président Joseph Kabila à la tête du pays alors qu’il a épuisé depuis le 19 décembre 2016 son deuxième et dernier mandat.

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