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Une chemise de couleur rouge provoque la panique à Kananga

Écrit par Donatien Ngandu Mupompa. Publié dans Faits divers

A Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Central, les agents de l’ordre ont tiré en l’air à la vue d’un individu portant une chemise de couleur rouge, semblable à celles que portent les miliciens de Kamwina Nsapu. Cela a créé une panique dans la ville.

Le vice-gouverneur du Kasaï Central, Justin Milonga, a ainsi expliqué à Radio Okapi : « Il y a eu un comportement maladroit des éléments de l’ordre. Un jeune qui était habillé en chemise rouge, considérée comme le symbole fétichiste des miliciens. On a cru que c’était un milicien de Kamuina Nsapu et ça a créé un peu de panique dans un coin de la ville ce matin ».

Il a précisé que le calme était revenu dans la ville en début d’après-midi. La population se livrait à nouveau normalement à ses activités.

 Cette peur se justifie, surtout que le vendredi 3 février 2017, une trentaine de personnes ont été tuées lors d’une attaque lancée par les miliciens de Kamuina Nsapu contre la ville de Tshimbulu, dans cette province.

En effet, des sources de la société civile ont fait état d’une trentaine de personnes tuées lors d’une nouvelle attaque contre la ville de Tshimbulu lancée par des miliciens se réclamant du chef traditionnel Kamuina Nsapu mort en août 2016. L’attaque a été lancée tôt dans la matinée. Des sources locales ont parlé des tirs à l'arme lourde qui ont été entendus dans la matinée.

Plusieurs villes et cités du Grand Kasaï visées

Du côté des services de sécurité, on a fait savoir que des miliciens armés d’armes blanches et des fusils de calibre 12 seraient venus de 5 groupements voisins de Tshimbulu. L’armée a repoussé l’attaque et a récupéré douze fusils, ont fait savoir les mêmes sources. La veille, les mêmes miliciens avaient attaqué Tshimbulu. Six personnes présentées comme des miliciens de Kamuina Nsapu auraient été abattues.

En janvier dernier, ces miliciens avaient fait une incursion dans la même cité de Tshimbulu. L’attaque s’était soldée par plusieurs morts. Depuis l’année passée, plusieurs villes et cités des provinces du Kasaï connaissent des violences entre les forces de l’ordre et des miliciens qui se réclament du chef Kamwina Nsapu, tué dans une opération de police en août 2016 après avoir contesté l'autorité du pouvoir central.

Il sied aussi de rappeler qu’environ cinquante miliciens de Kamwina Nsapu ont fait irruption le vendredi 27 janvier 2017 vers 14 heures, heure locale au centre-ville de Kananga. Ils tentaient de joindre la place de l’indépendance où était installée la tribune du meeting qu’envisageait de faire le Premier ministre Samy Badibanga. Est-il que cette mission n’avait pas eu lieu. Ils ont été repoussés par l’armée régulière après des affrontements qui ont duré plusieurs heures.

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