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Respecter la vie humaine

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

La vie humaine est sacrée. Nul n’a le droit de l’ôter, fut-il membre du gouvernement ou agent de l’ordre. En ce sens, il n’y a pas une « grande » vie pour les nantis et une « petite » vie pour les petites gens.

Autrement dit, quelle que soit la gravité des faits reprochés à qui que ce soit, il y a des mécanismes prévus par la loi pour réprimander tout acte délictueux. Ce sacro-saint principe est même repris dans la Constitution qui reconnait noir sur blanc que la personne humaine est sacrée.

Mais, que se passe-t-il depuis un temps dans le Kongo Central et le Kasaï Central ? Même s’il est vrai que les actes posés par le chef coutumier Kamuina Nsapu dans le Kasaï ou encore Ne MuandaNsemi au Kongo Central sont condamnables à tous points de vue, est-ce que la seule sentence réservée à leurs adeptes était la mort ? Pourquoi la justice n’a pas pris le temps de les attendre pour, entre autres, connaitre leur motivation et, éventuellement, comprendre les réseaux qui alimentent leurs mouvements ?

A ces deux questions, la justice s’est montrée totalement indifférente. Elle a laissé aux forces de l’ordre et de sécurité la latitude de réprimer dans le sang, sans autre forme de procès. On a donc mis la charrue avant le bœuf.

Les cas presque similaires du chef Kamuina Nsapu et de Ne MuandaNsemi doivent être pris très au sérieux. C’est le reflet d’un malaise qui couve à l’échelle nationale. L’on ne doit pas les minimiser. Cette situation de crise ne va pas non plus se régler par les biceps. Il faut bien comprendre le problème. Car il est, autant au Kasaï qu’au Kongo Central, bien plus complexe. En réalité, le Kasaï et le Kongo Central sont juste la pointe visible de l’iceberg qui cache les profondes frustrations qui règne dans le pays.

Au nom du respect à la vie, le gouvernement ferait mieux de chercher à résoudre le problème en lieu et place de se limiter aux symptômes en déployant des moyens militaires et policiers sophistiqués. Au moment où la Cenco cherche à réconcilier le peuple congolais envers lui-même, seul la voie du dialogue pourra calmer les tensions de part et d’autre.

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