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Le gouvernement Badibanga a du mal à imposer ses marques

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

Des foyers de tensions se propagent dans les quatre coins du pays. Le pouvoir d’achat des Congolais ne fait que se déprécier pendant que les prix des produits de première nécessité s’envolent. La relance économique reste du domaine de discours. La diplomatie congolaise papillonne. Le terrain politique est en ébullition. Pendant ce temps, le gouvernement Badibanga est aphone - apparemment dépassé par le poids des urgences.

Dans son discours d’investiture à l’Assemblée nationale, le 22 décembre 2016, le Premier ministre, Samy Badibanga Ntita, s’est fixé trois objectifs, à savoir consolider la cohésion nationale ; répondre à la crise économique et sociale ; et organiser les élections. La finalité de l’action de l’Exécutif national était de parvenir à garantir la paix et la sécurité à tous les Congolais sur l’ensemble du territoire national.

Placé dans un contexte d’urgence avec la tenue d’élections en décembre 2017, le gouvernement Badibanga devrait s’attaquer, dès ses premiers jours, aux objectifs à lui assignés par le président de la République. En fonction depuis plus d’un mois et demi, le gouvernement  issu du Dialogue national de la Cité de l’Union africaine semble dépassé par les événements.

La cohésion nationale rompue

Le gouvernement Samy Babibanga est issu du Dialogue national tenu du 1er septembre au 18 octobre 2016 à la Cité de l’Union africaine. Le malheur de ces assises est de n’avoir jamais réussi à associer la bonne frange de l’opposition, en l’occurrence le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement. Fruit d’un dialogue non inclusif facilité par le controversé Edem Kodjo, l’actuel gouvernement ne pouvait prétendre faire quoi que ce soit pour consolider la cohésion nationale. Cette présomption n’était qu’une peine perdue. Le premier ministre Samy Badibanga et son gouvernement n’ont jamais réussi à gagner la confiance du Rassemblement et donc de toutes ces populations qui se reconnaissent en cette famille politique. Au point que les Congolais dans leur majorité écrasante ne demandent que la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 afin de voir le Rassemblement diriger le gouvernement.

Le voyage du Premier ministre dans l’espace Kasaï a raté fin janvier dernier parce que les populations de ces contrées veulent voir un gouvernement dirigé par le Rassemblement gérer le conflit entre les forces de sécurité et les miliciens de Kamuina Nsapu. Tout aussi, la tension actuelle autour des obsèques d’Etienne Tshisekedi relève-t-elle des mêmes revendications. Les militants de l’UDPS veulent que ça soit le gouvernement du Rassemblement qui organise les funérailles du leader maximo. La situation politique reste tendue à travers le pays parce que les Congolais exigent la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre. 

Et donc, sur le terrain de la cohésion nationale, le gouvernement Badibanga n’a rien réussi parce que le clivage entre signataires et non signataires de l’accord du 18 octobre 2016 reste très prononcé.

L’insécurité se propage

Le gouvernement Samy Badibanga assiste impuissant à la dégradation de la situation sécuritaire à travers le pays. C’est sous son règne que le M23 vient de refaire surface dans l’Est de la RDC à la mi-janvier 2017. Lancés dans la traque du M23, les Fardc ont perdu deux hélicoptères et des membres d’équipage. De même, c’est sous l’actuel gouvernement que le conflit Bundu Dia Mayala vient de resurgir dans le Kongo central. Comme par le passé, la gestion par le gouvernement Badibanga de ces deux foyers de tension souffre d’inefficacité.

Outre ces deux foyers de tension, l’équipe dirigeante n’est pas en mesure de régler le conflit dans l’espace Kasaï avec les miliciens Kamuina Nsapu. Un carnage s’est opéré la semaine dernière à Luiza et Tshimbulu. Les habitants du Kasaï central vivent une situation de ni paix ni guerre. Il en est de même du conflit communautaire entre Luba et pygmée dans le Tanganyika. Aucun membre du gouvernement Badibanga ne s’est rendu à Kalemie et Kabalo pour tenter de trouver des solutions définitives à ce conflit.

L’insécurité se propage dans le pays sans inquiéter outre mesure le gouvernement Badibanga. En plus de 45 jours à la primature, le patron du gouvernement ne s’est pas obligé d’aller dans aucune province où les Congolais endurent ces atrocités. Par contre, il s’est envolé aux USA pour une prière qui réunit le gotha de la politique américaine.

Le panier de la ménagère se rétrécit

Vivant dans l’insécurité et dans un contexte politique tendu, les Congolais  sont contraints de se serrer davantage la ceinture. Le pouvoir d’achat des fonctionnaires de l’Administration publique, des militaires et policiers ainsi que des millions de chômeurs ne fait que s’étioler. 

En 2016, le franc congolais s’est déprécié de 25%. Pendant ce temps, l’Etat congolais n’a pas indexé à la devise américaine la paie de ses agents. D’où l’affaiblissement du pouvoir d’achat des millions de Congolais.

Jusque-là, la population ne sait pas palper l’action du gouvernement sur le terrain économique encore moins social. La RDC continue à utiliser ses maigres devises étrangères pour importer des aliments de première nécessité qui, pourtant, peuvent être produits sur place au pays. Les Congolais attendent impatiemment le début de « la gratuité des soins aux enfants de moins de 5 ans et des accouchements sur l’ensemble du territoire national ».

A tout prendre, le gouvernement Samy Badibanga est absent sur plusieurs terrains sur lesquels il devrait faire ses preuves dès ses premières semaines. Piégé dès le début par l’absence de crédibilité du Dialogue national, le gouvernement Badibanga parait déconnecté aussi bien de Congolais que de la Communauté internationale. Dans ce contexte, la diplomatie congolaise ne peut que papillonner.

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