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Le spectre du 19 décembre refait surface

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

Qu’on le veuille ou pas, c’est par Etienne Tshisekedi que la RDC a négocié en toute sérénité la date fatidique du 19 décembre 2016, coïncidant avec la fin constitutionnelle du mandat du chef de l’Etat. Suite à sa mort (1er février 2017 à Bruxelles), les tensions sont perceptibles à Kinshasa comme ailleurs, cependant qu’au Centre interdiocésain, la mise en application de l’accord du 31 décembre bat de l’aile.  Le spectre du 19 décembre tend à refaire surface.

Etienne Tshisekedi mort, la RDC est assise désormais sur un volcan qui peut entrer en éruption à tout moment. La crise politique liée à la non-tenue de la présidentielle avant la fin du deuxième mandat du président Joseph Kabila est relancée depuis la mort, le 1er février 2017, du chef de file du Rassemblement, Etienne Tshisekedi. Sur ce point, tous les observateurs sont unanimes.

Plusieurs foyers d’insécurité, avec mort d’hommes, ont refait surface, à Kinshasa et dans les grandes agglomérations de la RDC. Dans le Grand Kasaï, le phénomène Kamuina Nsapu prend de plus en plus de l’ampleur. Dans le Kongo central, Ne Muanda Nsemi et sa secte Bundu dia Mayala ont semé la mort dernièrement dans la cité de Kimpese. La RDC traverse une zone de très fortes tensions. La psychose qui avait régné pendant la période qui a précédé le 19 décembre 2016 a repris son droit de cité.

Si avant le 19 décembre 2016, l’implication de la Cenco dans les discussions directes entre signataires et non signataires de l’accord de la cité de l’Union africaine a pu désamorcer la crise, la mort inopinée d’Etienne Tshisekedi a fait sauter le verrou. L’incertitude est perceptible chaque matin. Le mercure continue de monter et les risques de déflagration à grande échelle sont perceptibles. Il faut faire vite pour conjurer ce démon qui rôde.

Les vannes sont sur le point de céder

La signature, le 31 décembre 2016, de l’accord global et inclusif par toutes les parties prenantes a fait baisser de manière spectaculaire la tension politique qui prévalait sur toute l’étendue de la RDC. Les équilibres trouvés ont été de nature à apaiser tous les esprits surchauffés par l’arrogance de la Majorité présidentielle qui tenait à continuer de régner comme si de rien n’était. Avec l’accord du 18 octobre 2016 écrit par les officines de la MP, cette dernière était convaincue d’imposer sa loi à quiconque se hasarderait à se mettre au travers de son schéma.

Ayant compris les objectifs visés par la MP, le Rassemblement de l’opposition a, autour d’Etienne Tshisekedi, multiplié des communications et messages d’apaisement à l’endroit du souverain primaire dénonçant l’imposture qui consistait à s’octroyer gratuitement un mandat sans passer par les urnes. Le message qui correspondait aux attentes de la majorité de la population congolaise a trouvé un immense écho. Les Congolaises et Congolais de toutes les tendances se sont donc accrochés à l’appel du Rassemblement au point que l’accord du 18 octobre s’est révélé inapte à décanter la situation de crise politique.

C’est par une ultime intervention des évêques que la RDC a négocié sans casse la date du 19 décembre 2016. L’accord politique du 31 décembre 2016 est cette vanne de secours qui a sérieusement atténué les tensions qui allaient dégénérer par la suite.

Dans l’entretemps, la mort d’Etienne Tshisekedi, le 1er février 2017 à Bruxelles, a surpris le Rassemblement et la Cenco ; elle a bouleversé tous les calculs. Désigné président du Conseil national de suivi de l’accord, le président de l’Udps était la clé du compromis politique du 31 décembre 2016. C’était la contrepartie du maintien à la présidence de la République de Joseph Kabila, lequel avait épuisé ses deux mandats constitutionnels. N’en déplaise à ceux qui déclarent, pince sans rire, que M. Tshisekedi allait être réduit au rang protocolaire de ministre puisque le CNSA serait considéré comme une Institution d’appui à la démocratie.

Autrement dit, après le 19 décembre 2016, Joseph Kabila doit sa survie politique et son maintien au poste de chef de l’Etat à Etienne Tshisekedi. Mais, comme dans tout accord, le maintien du président Kabila devrait en retour être compensé. Le deuxième élément d’équilibre était donc le poste de Premier ministre qui devait, selon l’accord du 31 décembre, revenir au Rassemblement, cette ponction utile de l’Opposition.

Entre la signature le 31 décembre de l’accord du Centre interdiocésain et le 28 janvier 2017, date de la suspension des discussions autour de l’arrangement particulier, la MP a multiplié  exceptions et blocages, compliquant davantage le mode de désignation du Premier ministre. Tshisekedi parti, l’équation risque de se compliquer davantage. Cela au regard des premières déclarations de principaux ténors de la MP.

Les mêmes revendications

La MP n’a pas l’intention de décrisper l’environnement politique. Elle l’a prouvé à maintes reprises depuis le 31 décembre 2016 en multipliant des entraves à l’application de cet accord. Pire, la famille politique du chef de l’Etat opère désormais à découvert. Elle ne s’interdit plus de lire avec une mauvaise foi manifeste  ce que l’accord a écrit noir sur blanc. C’est, notamment, en ce qui concerne la qualité du président du CNSA qui doit être le président du Conseil des sages du Rassemblement. Après s’être opposée au mode de désignation du Premier ministre tel que prévu dans ledit accord, la MP se rabat aujourd’hui sur la succession d’Etienne Tshisekedi à la tête du CNSA.

On est donc retombé dans les tensions d’avant le 19 décembre 2016. La mort d’Etienne Tshisekedi n’a pas résolu le problème. Il en a compliqué davantage. La MP ne s’en rend peut-être pas compte. Ce n’est plus pour longtemps. Les signaux d’une déflagration imminente à l’échelle nationale s’accumulent. A moins d’être frappé d’amnésie.

Alors qu’avant le 19 décembre, les tensions tournaient autour du respect des délais prévus par la Constitution dans l’organisation de la présidentielle, actuellement, cette même pression, qui se manifeste par des tensions à travers le pays, vise plusieurs objectifs fondés. La légitimité retrouvée par le président Kabila grâce à l’accord du 31 décembre n’est pas loin d’être remise en cause. La revendication du respect de la Constitution va resurgir d’autant plus que rien ne lierait plus les parties.

En deuxième lieu, la population qui a cru en l’accord du 31 décembre devrait très bientôt en réclamer l’application. Quel qu’en soit le cas. Contrairement aux analyses de la MP, ce seul sujet remobilise la population parce que la preuve leur est donnée que la famille politique du chef de l’Etat ne respectera plus rien et il faudrait lui appliquer la même médecine.

En prime, la revendication du retour du corps d’Etienne Tshisekedi pour son enterrement dans son pays avec les honneurs dus à son rang et à son combat va constituer une raison supplémentaire de diabolisation de la MP auprès d’une opinion qui n’a jamais été favorable à sa stratégie de maintien aux affaires par la violation de la Constitution.

Les jours à venir promettent d’être chauds.  Des signes précurseurs dans le Kongo central, le Grand Kasaï, le Tanganyika, les Nord et Sud Kivu sont édifiants. La tension permanente à Kinshasa, plus précisément à Limete, et dans plusieurs coins de la capitale, présage d’une implosion de très grande amplitude.

La MP, qui croit avoir tout déjoué avec la mort d’Etienne Tshisekedi, est prévenue : Etienne Tshisekedi a été ce fusible qui a épargné le pays d’un chaos le 19 décembre 2016. Mort, il n’y a aucune vanne de sécurité pour contenir la colère d’une population qui est prête à réclamer son droit le plus légitime, c’est-à-dire l’alternance démocratique dans les termes de la Constitution. La MP semble se gausser des atermoiements autour des obsèques du président de l’UDPS et du Rassemblement, oubliant l’option levée au Centre interdiocésain sur la nécessité de décrisper l’environnement politique qui tend à devenir délétère. Elle devrait au contraire jouer à l’apaisement, à moins qu’elle s’obstine à s’inscrire dans la logique d’affrontement. 

Commentaires   

0 #1 Tchim Remy 13-02-2017 15:52
Ce pays a besoin d'un Jerry Rawllings, un militaire amoureux de son pays, qui viendra remettre les pendules à l'heure et toutes choses à leurs places. Ces gens qui gouvernent ce pays ne sont vraiment pas des congolais. J'ai la confirmation.
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