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Emmanuel Macron : le candidat qui bouscule l’échiquier politico-médiatique français.

Écrit par Robert Kongo, correspondant en France le . Publié dans Online Dépêches

Emmanuel Macron n’a pas quarante ans, n’a jamais été élu, et se dit au dessus des partis, ni de droite ni de gauche. Pourtant, l’ancien ministre de l’économie de François Hollande est incontestablement la figure politique qui monte et qui n’en finit pas de bousculer l’échiquier politico-médiatique français en faisant bouger les lignes. Il est aujourd’hui un des favoris à l’élection présidentielle française.

Il est difficile d’échapper à la campagne médiatique, bien menée, du candidat Emmanuel Macron qui reste inclassable sur l’échiquier politique traditionnel. Il dit lui-même qu’il n’est ni de droite ni de gauche. Il est sûr qu’il tient à ne pas être l’homme politique aux idées moisies. Il donne un coup de vieux aux hommes politiques français. Il veut s’inspirer des modèles jeunes dans le monde qui ont plus ou moins réussi.

Barack Obama (USA) a été élu à 47 ans, Justin Trudeau (Canada) à 44 ans et Matteo Renzi  (Italie) à 39 ans. Macron ne voit aucune raison pour ne pas être de la fête à 39 ans.

Mais d’aucuns le jugent n’être qu’une image marketing sans concrétude programmatique ou encore un hologramme numérique qui finira bien par s’étioler à mesure que l’échéance électorale de la présidentielle se rapproche. Un énième avatar de ces jeunes têtes d’affiche politiques qui émergent puis rentrent dans le rang ou disparaissent des écrans.

Les partis le rejettent comme un parvenu alors qu’il veut «  débloquer la France » avec son mouvement « En Marche ! ». S’il suscite de l’audience, il part sur le terrain avec de nombreux handicaps.

Emmanuel Macron n’a jamais été élu, n’a jamais dirigé une mairie, n’a pas l’expérience d’un chef d’entreprise, n’a jamais milité dans un parti  et n’a jamais eu de responsabilité politique autre que ses deux années de ministre. C’est un homme de la théorie apprise dans les Grandes Ecoles.

Il est  diplômé de l’Institut d’études politiques de  Paris (2001), et  de l’ENA, promotion Léopold Sédar Senghor (2004). Il n’est soutenu par aucune machine ayant des relais sur le terrain et dans les conseils locaux. Il est enfin marqué au fer par sa fonction de banquier d’investissements, loin des préoccupations des petites gens.

Le candidat du renouveau

Pourtant, l’homme sait jouer avec son public ; il se montre simple dans la rue pour effacer son image de diplômé rigide, capable de s’arrêter pour discuter avec ceux qui l’abordent. Il se la joue jeune, qu’il est d’ailleurs. Il veut répondre aux failles des démocraties libérales occidentales confrontées à la montée du populisme.

« Le nouveau clivage politique est entre ceux qui ont peur de la mondialisation et ceux qui voient la mondialisation comme une opportunité, ou au moins comme un cadre pour une politique qui tente d’offrir un progrès pour tous », assure l’ex-locataire de Bercy ( siège du ministère de l' Economie et des Finances).

Le candidat mobilise les foules. Une démonstration de force tranquille. De meeting en meeting, il suscite  une explosion d’enthousiasme et d'espoir chez les Français. Il sait user d’un langage simple, clair, efficace et sans langue de bois pour parler politique.

Le nombre de participants à ses meetings prouve que les Français ne sont pas saturés  de politique. La mobilisation des jeunes avec une moyenne d'âge de 25/35 ans confirme que la politique n’a pas quitté les jeunes mais qu’ils s’y intéressent s’il y a matière pour eux à un quelconque espoir de changement.

Les Français ont besoin de renouveau. Ils pensent que les machines politiques sont grippées et ils croient en Macron qui veut briser la résistance française au changement de fond en empruntant des solutions aux deux bords (gauche et droite), sur l’immigration, sur le protectionnisme et sur l’identité. Il veut se positionner au-delà des clivages pour adapter sa pensée progressiste à l’économie moderne.

Méthodes d’action modernes

Ses méthodes d’action sont modernes. Il a recruté 16.000 volontaires pour recueillir les desiderata de la population et pour obtenir l’adhésion de 50.000 nouveaux membres à son mouvement. C’est moderne, c’est original pour avoir le contact direct avec ses futurs électeurs qui ont souffert de désillusion.

Mais sa stratégie (ni de gauche ni de droite) suffit-elle à affronter le nationalisme d’extrême-droite ? Quelles solutions concrètes propose-t-il aux Français pour aboutir au progrès et à l’égalité des chances ?

On le saura davantage dans son projet qu’il dévoilera le 3 mars prochain. Dans son livre-programme « Révolution », il ne donne pas de détails sur ses propositions.

François Fillon, empêtré dans l' affaire d’emplois présumés fictifs visant son épouse et ses enfants, parait vieux. Les socialistes sont renvoyés  au musée de l’Histoire pour y rester certainement une ou deux mandatures tant ils font anachroniques.

Il est triste que la France ne soit pas encore rodée pour rassembler les meilleurs dans l’intérêt du pays, ceux qui représentent la nouvelle vague et ceux qui apportent leur expérience. Elle souffre de clivages qui transforment les adversaires en ennemis irréductibles.

 

 

 

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