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RDC: 2,5 milliards Usd nécessaires pour répondre aux urgences humanitaires 2017-2019

Écrit par Stanislas Ntambwe . Publié dans Online Dépêches

Au moins 748 millions de dollars sont requis afin d’assister 6,7 millions de personnes en 2017, première année d’un Plan de réponse humanitaire triennal novateur en RDC.

La communauté humanitaire de la République démocratique du Congo (RDC) et les autorités congolaises ont lancé, vendredi 10 février 2017 à Kinshasa, un appel de 748 millions de dollars afin d’assister 6,7 millions de personnes en 2017 - première année d’un Plan de réponse humanitaire triennal novateur (PRHT) en RDC. L’objectif est de répondre, au cours des 36 prochains mois, aux besoins humanitaires de millions de civils touchés par l’une des crises les plus aiguës et prolongées au monde.

L’appel 2017, lancé à Kinshasa en présence de représentants d’organisations humanitaires non gouvernementales et de bailleurs de fonds, ciblera, entre autres, les besoins de plus de 2,1 millions de personnes déplacées, 500 000 enfants âgés de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aiguë et de centaines de milliers de personnes menacées de maladies et d’épidémies.

Les 12 derniers mois ayant été le théâtre de violences et conflits de plus en plus inquiétants, les acteurs humanitaires estiment que les besoins vont s’accroître dans les mois à venir.

Plus de 2,1 millions des déplacés

En 2016, l’insécurité a déplacé en moyenne 2 000 personnes par jour dont le nombre est passé de 1,6 million à plus de 2,1 millions. En ce début 2017, les organisations humanitaires sont appelées à répondre, entre autres, aux violences dans le Tanganyika et dans les provinces du Kasaï ainsi qu’aux besoins de nouveaux réfugiés sud-soudanais dans le nord-est du pays. En outre, la rougeole et le choléra sont devenus des problèmes de santé majeurs et récurrents.

« Des millions de personnes souffrent d’une crise humanitaire, née de conflits armés et autres menaces, qui affecte profondément leur quotidien. Il est impératif que le monde n’oublie pas les besoins humanitaires urgents et massifs en RDC. Nous devons trouver les moyens de mobiliser 748 millions de dollars US pour répondre aux besoins vitaux croissants », précise Rein Paulsen, chef du Bureau pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) en RDC.

Après plusieurs années de stratégies annuelles, le Plan de réponse 2017-2019 rompt avec les approches du passé pour s'aligner sur les stratégies de développement de l'Etat, du Système des Nations Unies, de la Banque mondiale et d'autres partenaires bilatéraux. Si plus de 60 pourcent des besoins humanitaires sont concentrés à l'Est du pays, les provinces de l'Ouest et du Centre souffrent d'une pauvreté généralisée qui nécessite des solutions allant au-delà de l’assistance humanitaire.

« Le Plan de réponse humanitaire pluriannuel 2017-2019 tombe à point nommé car il permet à la communauté humanitaire pays de déterminer les priorités pour les trois prochaines années », a conclu Paluku Kisaka Yereyere, ministre des Affaires Sociales, Solidarité et Actions Humanitaires de la RDC.   

Accès limité aux soins de santé

Le 04 janvier 2017, suite à une attaque de la milice Twa dans la localité de Mpiana Mwanga et ses environs (Territoire de Manono), province du Tanganyika, plus de 2 860 personnes se sont réfugiées dans les villages de Mutabi (Territoire de Pweto) et Kakoji et Kisele (Territoire de Mitwaba). OCHA et ses partenaires humanitaires, qui y ont effectué une mission du 23 au 28 janvier, ont constaté que les ménages déplacés, comme à l’accoutumé, ont quasiment tout perdu dans leur fuite.

L’arrivée de ces personnes exerce une pression sur l’accès à la nourriture. Des puits non aménagés et des rivières constituent la principale source d’approvisionnement d’eau pour les familles autochtones et les nouveaux arrivants ; le manque de latrine est également préoccupant, augmentant le risque de maladies hydriques contagieuses. Depuis novembre 2016, les deux centres de santé de Kisele et Mutabi sont en rupture de médicaments et les ménages déplacés ont un accès assez limité aux soins de santé par manque de moyens financiers.

Entre autre, la mission a recommandé que l’autorité de l’Etat soit renforcée dans la zone pour éviter une détérioration de la protection des civils.

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