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Résolution de la crise en Syrie : preuve d’un retour au système multipolaire

Écrit par Cyprien Kapuku . Publié dans Internationale

L’ambassade de la Fédération de Russie en République démocratique du Congo a tenu un point de presse hier mercredi 8 février autour de la célébration de la « Journée du diplomate russe ».

S’exprimant à cette occasion, l’ambassadeur de Russie en RDC, Igor Evdokimov a fait le tour d’horizon des questions internationales, en mettant l’accent sur le retour de l’approche multipolaire dans la résolution des conflits internationaux en s’inspirant de la crise en Syrie.

Le contexte actuel de rapport des forces sur le plan international ne ressemble en rien à celui qui a prévalu durant la Deuxième Guerre mondiale, voire la période qui a suivi la fin de la guerre froide. Le monde fait face aux conflits internationaux, à la recrudescence du terrorisme, aux perspectives pas bonne de l’économie mondiale, au réchauffement climatique ainsi qu’à la crise migratoire.  Autant de défis, dont les solutions seront facilitées par le recours à une approche multipolaire plutôt qu’unipolaire.

La Russie qui se fait le porte-étendard de cette démarche voit dans le processus de résolution de la crise syrienne les signes patents du retour à un système international dans lequel la voix de tout acteur doit être entendue. Et, les faits donnent raison à la diplomatie russe. « La crise syrienne qui dure depuis plus de cinq ans commence à donner les signes d’apaisement », constate un diplomate russe.

Pour ce diplomate, le conflit syrien est l’une des plus grandes crises post-guerre froide dont le mode de règlement n’est pas soumis au diktat d’une seule puissance. Les dernières négociations entre la Russie, l’Iran et la Turquie organisées à Astana sur le conflit syrien en disent long. Les Etats-Unis et l’Union européenne n’y avaient pas pris part.

Le conflit en Syrie oppose les forces loyalistes à l’opposition armée ainsi qu’à plusieurs fractions terroristes. Plusieurs personnes sont mortes à cause de ce conflit qui a occasionné une explosion du nombre de réfugiés en Europe et en Turquie.

Interrogé sur les accusations des services américains faisant état du piratage du système électoral des Etats-Unis par des agents russes, l’ambassadeur de Russie en RDC a dit que les services américains ne disposent pas de preuves de leurs accusations. Toutefois, la Russie dit être prête à coopérer avec la nouvelle administration américaine conduite par Donald Trump qui a d’ailleurs échangé au téléphone avec le président Vladimir Poutine. Rien de cet entretien n’a filtré à la presse. Au Kremlin, l’on parle toutefois d’un échange fructueux.

Coopération russo-congolaise

 Le chef de la mission diplomatique russe n’a pas raté  cette occasion pour mettre en évidence l’état de développement de la coopération russo-congolaise, vieille de plus d’un demi-siècle. La Russie coopère avec la RDC depuis son accession à la souveraineté nationale et internationale. Depuis lors, souligne l’ambassadeur, la Fédération de Russie a toujours été aux côtés de la RDC, sans toutefois interférer dans ses affaires intérieures. La non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat est l’un des principes qui guide la pratique diplomatique russe, a encore soutenu le diplomate.

Cependant, dans la crise politique que traverse la RDC depuis la fin du mandat du président Joseph Kabila sans que la présidentielle ne soit organisée pour lui trouver un successeur, la Russie avait, en son temps, salué l’accord politique du 18 novembre 2016 estimant que ce compromis politique était un pas important vers un accord largement inclusif comme celui du 31 décembre 2016 dont la mise en œuvre pose encore quelques problèmes. Notamment sur le mode de désignation du Premier ministre.

Igor Evdokimov a, dans un autre registre, mis en exergue le soutien de son pays à l’éducation des jeunes Congolais dans des universités russes. Environ 40 Congolais bénéficient chaque année des bourses d’études de l’Etat russe. S’il y a un domaine qui n’excelle pas encore entre les deux Etats, c’est le domaine de l’économie. Les investisseurs russes aussi soucieux de venir en RDC hésitent d’y prendre pied compte tenu du climat des affaires peu propice aux opérateurs économiques.

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