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Le moral des chefs d’entreprises toujours en berne suite aux incertitudes politiques

Écrit par Amédée Mwarabu. Publié dans A la Une

La crise politique affecte autant la situation économique que le moral des patrons d’entreprises. Après le recul des activités économiques en 2016, l’économie congolaise risque d’encaisser un autre choc en 2017, si les acteurs politiques ne parviennent pas à trouver un compromis quant à la gestion de cette période de transition.

En janvier 2017, les chefs d’entreprises gardent leur moral en berne en attendant  l’issue des discussions politiques. La Banque centrale du Congo (BCC), a indiqué, à l’issue de sa première réunion du Comité de Politique monétaire (CPM) tenu le 7 février,que le solde des opinions des chefs d’entreprises,  en janvier 2017, s’est établi à -4,3% alors qu’il était à -7,1% en décembre 2016.

Ce qui démontre que les patrons d’entreprises opérant en République démocratique du Congo continuent à avoir le moral en berne en dépit de la signature de l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016 entre la Majorité présidentielle et le Rassemblement, plateforme représentant une bonne frange de l’Opposition.

Ce compromis politique consacre la cogestion de la transition entre la famille politique du Chef de l’Etat, le Rassemblement et la Société civile. Pour l’heure, cet accord est en attente de son annexe, l’Arrangement particulier, qui règle la question du partage de postes ministériels et dans le Conseil national de suivi de l’Accord (CNSA).  Les forces politiques en présence ne sont pas encore parvenues à un compromis. Cette incertitude politique plombe naturellement le moral des opérateurs économiques.

Le solde d’opinions des opérateurs économiques s’est détérioré durant toute l’année 2016 en RDC suite à la situation politique agitée notamment  la crise née de l’absence des élections dans les délais constitutionnels. Le bras de fer entre  le pouvoir et l’Opposition a été à la base de la psychose du 19 décembre 2016, date de la fin du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila conformément à la Constitution. En prévision d’une situation incontrôlable à cette date, plusieurs opérateurs économiques avaient, soit ralenti, soit arrêté leurs activités pour éviter les pillages qui accompagnent souvent les crises politiques au Congo-Kinshasa.

Pour 2017, les experts du gouvernement et de la Banque centrale du Congo sont en train de faire le cadrage des indicateurs macroéconomiques. Pour autant, la BCC prévoit une reprise de l’activité économique durant cet exercice. « Les données provisoires du Comité permanent du Cadrage macro-économique indiquent une amélioration du PIB réel en 2017 », note la BCC, précisant que cette croissance de l’activité économique sera impulsée « essentiellement par le secteur primaire » comme d’habitude.

L’économie de la République démocratique du Congo a décroché en 2016 avec un taux de croissance de 2,5% contre 6,9 % en 2015 et 9,5% en 2014. En attendant la fin du cadrage macroéconomique en cours  par le gouvernement et la Banque centrale du Congo,  on ne sait pas à quel niveau va se situer le taux de croissance de la RDC en 2017.

L’indispensable stabilité politique

La production économique de la RDC reste dépendante de la demande extérieure. Cette extraversion de l’économie nationale a couté chère à la RDC qui a vu ses recettes publiques fondre à la suite de la baisse des prix du cuivre et du pétrole sur le marché international. Outre cette raison structurelle, la croissance de l’activité économique dépend de la stabilité politique.

Dès lors, le rétablissement de la situation politique reste primordial pour que la RDC retrouve le chemin de croissance tel qu’enregistré pendant les cinq premières années de cette décennie. Même si le ralentissement de la croissance en RDC est consécutif à la baisse des cours des matières premières sur le marché international, la crise politique a également sa part de responsabilité dans les contreperformances enregistrées en 2016.

Les projecteurs sont désormais braqués sur les acteurs politiques en négociations directes au Centre interdiocésain pour qu’ils débloquent la situation en mettant en œuvre l’Accord de la Saint sylvestre. Ceci devra booster normalement le moral des chefs d’entreprises. Rien n’est gagné car la mort de Tshisekedi vient de créer une nouvelle crise politique 6+entre le pouvoir et l’UDPS.

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