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Scandale à l’ESU : dossier ISTM Gemena, une épine sous le pied du ministère

Écrit par St Augustin K.. Publié dans Provinces

La situation qui prévaut à l’Institut supérieur des techniques médicales Gemena (ISTM Gemena) est à peine croyable. Le comité de gestion à la tête de cet établissement gère au mépris des textes régissant l’Enseignement supérieur et universitaire en RDC. Le directeur général de cette Alma Mater qui est censé faire régner l’ordre se signale, le premier, dans des actes qui mettent en mal son bon fonctionnement.

 

Tenez : par décision du 27 octobre 2016, le DG Dedetemo Kpalawele, à travers un communiqué à l’attention de la communauté estudiantine, décide du « passage, avec la mention satisfaction, de tous les étudiants ayant été admis en deuxième session ». Ceci en violation des textes en vigueur en matière des règlements des examens.

Dans ce qui s’apparente à un crime scientifique, le DG s’est substitué au bureau du jury en décidant du passage de tous les étudiants admis en 2è session. Le seul critère qui valait la peine aux yeux  du directeur général, c’est de prendre son enrôlement, avoir apuré les frais académiques et autres connexes. « N’auront accès aux cours durant la nouvelle année académique que les étudiants qui avaient pris leur enrôlement, apuré leurs frais académiques et connexes comme exigés par le ministère de l’ESU », écrit-il dans de communiqué.

Mais M. Dedetemo n’était pas à sa 1ère forfaiture. En date du 10 octobre 2016, il avait déjà attribué des notes fantaisistes à tous les étudiants pour des examens no  présentés. « Au terme de la cérémonie d’ouverture de la 1ère session d’examens  pour l’année académique 2015-2016, vu que les examens programmés ce jour-là, après la mise en place complète des étudiants, n’avaient pas eu lieu de par la faute des enseignants examinateurs, il est accordé une dispense à tous les étudiants concernés par ces examens », écrivait-il.

Ces actes délictueux mettent en doute la crédibilité de cet établissement qui a vocation de former des techniciens en santé. La volonté du DG Dedetemo est de former des techniciens criminels qui vont tuer les patients par leur art de guérir mal affiné.

Comme pour corroborer la thèse selon laquelle la qualité des enseignements n’importe peu aux yeux du DG de l’ISTM Gemena, il décide, de son chef, de suspendre les invitations faites aux professeurs visiteurs venant de Kinshasa et Kisantu. Décision que constate le corps scientifique de l’ISTM Gemena par sa lettre n° 473/ISTM/GNA/CS/06/052016 du 8 mai 2016.

Pour le corps scientifique, suspendre les invitations aux professeurs visiteurs, c’est s’ériger en frein non seulement au bon encadrement de leurs carrières scientifiques et la formation des étudiants mais aussi un risque de faire disparaître le cycle de licence que l’établissement organise et un blocage pour l’éclosion intellectuelle de la jeune province du Sud-Ubangi.

Suspensions intempestives

Tel un véritable potentat, le directeur général s’arroge les prérogatives dévolues au conseil d’administration et peut-être au ministre de suspendre, puis de révoquer des assistants et chefs de travaux ayant presté pendant plusieurs années. Au total, ce sont 19 membres du corps scientifique qui seront mis sur le pavé, parmi lesquels des chefs de travaux, assistants de 1ère et 2è mandat, des chargés de pratique professionnelle suivant son arrêté n°473/ISTM/GNA/SGADF/JBN/214/112016. Et comme pour faire fière chandelle, les promus ont été propulsés à des postes de responsabilité dès l’embauche.

La situation est confuse, telle que décrite dans la correspondance n°473/ISTM/GNA/CS/19/11/2016 du 7 novembre 2016 que le corps scientifique avait  adressé à la tutelle.

En son temps, le gouvernorat du Sud-Ubangi avait saisi le même ministre pour lui faire part du cafouillage entretenu par le directeur général Dedetemo à l’ISTM Gemena. Il l’invitait, par la même correspondance, de prendre des dispositions utiles pour procéder au remplacement à la tête de l’ISTM Gemena.

Accédant à la demande, M. Théophile Mbemba, alors ministre de l’ESU, avait, par arrêté n°419 du 4 novembre 2016, nommé M. Lukala Dayola Dan (professeur associé), au poste de directeur général de cet institut en remplacement de M. Dedetemo. Alors que le nouveau promu se trouvait déjà au chef-lieu du Sud-Ubangi pour les remises et reprises, le gouvernorat s’est rebiffé.

Comme si cela ne suffisait pas, les mêmes mains politiques soutenant M. Dedetemo, vont induire le nouveau ministre de l’ESU en erreur en signant un arrêté le réhabilitant, sans consulter le secrétariat général qui a pleine connaissance du dossier.

Entre-temps, en prenant cet arrêté, le ministre a outrepassé les compétences du Premier ministre qui, par sa lettre n°CAB/PM/CJFAD/SMI/2017 0055 bis, demande aux membres du gouvernement de lui transmettre avant signatures, tout projet d’arrêté ministériel à initier dans leurs domaines respectifs. En conséquence, les arrêtés signés à ce jour doivent être annulés. Et  ce, en attendant la signature de l’ordonnance portant organisation et fonctionnement du gouvernement, modalités de collaboration entre le président de la République et le gouvernement, ainsi que entre les membres du gouvernement  et dans le souci de mieux assurer la coordination de l’action gouvernementale.

 

Il est donc attendu du ministre de l’ESU de rapporter cet arrêté par lequel Dedetemo est revenu aux affaires alors qu’il est admis que l’homme est à l’origine de toute la bouillabaisse qui a élu domicile à l’ISTM Gemena. 

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