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Après l’accrochage autour du Premier ministre, une autre bataille arrive : remplacer Tshisekedi au CNSA

Écrit par Faustin K.. Publié dans Online Dépêches

La mort d’Etienne Tshisekedi a laissé un vide à la présidence du Conseil national de suivi de l’accord du 31 décembre 2016. Le remplacer ne sera pas chose facile. On doit s’attendre à une rude bataille entre les délégués du Centre interdiocésain – à l’instar de celle qui continue à entourer le mode de désignation du Premier ministre.

Lancés le 8 décembre 2016 au Centre interdiocésain, les pourparlers directs entre signataires et non signataires de l’accord du 18 octobre 2016 ont abouti le 31 décembre 2016 à la signature d’un accord politique, plus inclusif et global que celui conclu à la Cité de l’Union africaine.

On pensait que le plus dur était fait. Nenni ! Une grande bataille entre les parties en discussion les attendait, c’est-à-dire l’adoption de l’arrangement particulier. Jusqu’au 28 janvier 2017, les délégués aux discussions directes du Centre interdiocésain n’avaient pas accordé leurs violons. Plusieurs points continuent à les diviser, à savoir le mode de désignation du Premier ministre, la répartition des portefeuilles ministériels, le chronogramme des actions pendant la transition et la place de la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo).

Avec le retour des évêques, qui ont passé plus d’une semaine en Europe dans le cadre d’une visite pastorale, l’on s’attend à ce que les parties concluent le plus rapidement possible les discussions autour de l’arrangement particulier à l’accord du 31 décembre 2016. Evidemment, tout était planifié suivant un chronogramme, jusqu’à ce que la mort, le 1er février 2017 à Bruxelles, d’Etienne Tshisekedi, pion majeur des pourparlers du Centre interdiocésain, vienne tout perturber. Selon la Cenco, les discussions du Centre interdiocésain ne devraient pas reprendre de sitôt.

Tout est postposé à l’enterrement d’Etienne Tshisekedi, dont la dépouille devrait incessamment être rapatriée à Kinshasa. En attendant que la Cenco ne réactive ses négociations, entre la Majorité présidentielle et le Rassemblement, désormais orphelin de son président, on continue des échanges en aparté pour déblayer le terrain à la grande plénière du Centre interdiocésain.

Si le 28 janvier 2017, les délégués se sont séparés en queue de poisson autour du mode de désignation du Premier ministre qui, selon les prescrits de l’accord du 31 décembre, doit sortir des rangs du Rassemblement, un autre sujet pourrait aussi rebondir dans le prochain round des discussions. Il s’agit du remplacement d’Etienne Tshisekedi au poste de président du Conseil national de suivi de l’accord.

On se rappelle qu’avec l’adoption de l’accord du 31 décembre, les parties avaient convenu unanimement de confier la direction du CNSA au président du Comité des sages du Rassemblement, Etienne Tshisekedi. Dans l’exercice de sa mission de gardien de la bonne marche de la transition, le président du CNSA devrait être entouré de trois adjoints provenant respectivement de la Majorité présidentielle, du Rassemblement et de l’Opposition signataire de l’accord du 18 octobre. On se rappelle qu’un débat houleux à entourer l’ordre de préséance de trois vice-présidents du CNSA. Pour départager toutes les parties, les délégués avaient alors adopté le principe d’un présidium, avec possibilité d’un intérim rotatif en cas de vacance au poste de président.

Maintenant que Tshisekedi est mort, qu’adviendra-t-il du poste de président du CNSA ? L’on s’attend aux chaudes empoignades à la prochaine plénière du Centre interdiocésain.

Qui pour le remplacer ?

Par principe, le poste de président du CNSA revient au Rassemblement. Vu sous cet angle, le problème ne devrait donc pas se poser. Par contre, la MP pourrait bien s’y opposer. Dans ses rangs, l’on pense que le poste de président du CNSA a été attribué à Etienne Tshisekedi et non en vertu de son statut de président du Comité des sages du Rassemblement. C’était plutôt pour honorer tout son combat politique. La MP pense qu’en le lui attribuant, les signataires de l’accord du 31 décembre ont exclu tout lien avec le Rassemblement. Est-ce pour autant que le Rassemblement doit renoncer à revendiquer le poste de président du CNSA ? Difficile à dire.

Dans tous les cas, dans la ville haute, des noms circulent déjà en remplacement de Tshisekedi au poste de président du CNSA. Mais, au Rassemblement, c’est le silence. On donne d’abord priorité, apprend-on, au deuil, en attendant de rabattre les cartes politiques. Mais, en dehors de la 10ème Rue, siège du Rassemblement, des phares sont braqués sur certaines personnalités.

Le plus en vue est le cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa. Membre de la curie romaine, des sources bien au parfum des nouvelles de l’église catholique indiquent que le cardinal devrait incessamment prendre sa retraite à l’archevêché. Ce qui pourrait le décharger de certaines contraintes pastorales. Dans l’hypothèse où le cardinal Monsengwo se libérait de ses charges pastorales à l’église locale, nombre d’observateurs estiment qu’il est bien placé pour présider aux destinées du CNSA. Si tel était le cas, il reste une inconnue – une grande inconnue : la réaction de la MP.

On sait qu’entre le cardinal Monsengwo et la Majorité au pouvoir, il n’a jamais existé de parfait amour. Et la dernière homélie du cardinal à la messe de Noël 2016, dans la cathédrale Notre-Dame du Congo, a de plus en plus élargi le fossé entre le pouvoir et l’archevêque de Kinshasa. Alors, pour la MP, revoir Monsengwo à la tête du CNSA ne devrait pas être une bonne nouvelle.

 

Evidemment, on n’est pas encore au stade de supputation. Car, rien n’est encore décidé. Cependant, une chose est certaine : après le tiraillement autour du mode de désignation du Premier ministre, une autre bataille attend les délégués du Centre interdiocésain, celle du remplacement d’Etienne Tshisekedi à la présidence du Conseil national de suivi de l’accord.

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