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Liberté de la presse : la RDC recule de deux places en 2016

Écrit par Donatien Ngandu Mupompa. Publié dans Online Dépêches

Le classement de Reporters sans frontières témoigne d’un climat de peur généralisée et de tensions qui s’ajoute à une emprise des Etats et des intérêts privés de plus en plus grande sur les rédactions.

Le rapport publié par Reporters sans frontières (RSF) sur le classement mondial de la liberté de la presse en 2016 classe la République démocratique du Congo (RDC) à la 152ème place sur 180 pays. En 2015, notre pays occupait le 150ème rang. RSF note que l’évolution générale de ce classement témoigne d’un climat de peur généralisée et de tensions qui s’ajoute à une emprise des Etats et des intérêts privés de plus en plus grande sur les rédactions.

En Afrique, note Reporters sans frontières, les journalistes semblent souffrir de plus en plus des violations de la liberté de la presse. Le Soudan du Sud (140ème) a connu le plus grand recul en 2016, perdant 15 places au classement. Le Burundi (156ème) recule de 11 rangs dans le nouveau classement de RSF qui pointe l’obstination présidentielle qui a entraîné la destruction des principaux médias indépendants du pays et l’exil de plus d’une centaine de journalistes.

Le meilleur élève sur le continent africain est la Namibie (17ème). Pour ce pays de l’Afrique australe, Reporters sans frontières fait remarquer que la Constitution y garantit la liberté de la presse. Les journalistes vivent plutôt en sécurité et dans un paysage médiatique pluraliste. Internet y est notamment un réel espace de liberté

A titre illustratif, au mois novembre 2016, eporters sans frontières (RSF) et Journaliste en danger (JED) avaient dénoncé  le brouillage de Radio Okapi et de RFI « dans un contexte politique et social des plus tendus».

Dans un communiqué publié le lundi 7 novembre 2016, ces deux organisations avaient fait remarquer : « Dès le 4 novembre, en l’espace d’un week-end, les deux médias les plus suivis de la RDC, la radio française RFI, et la radio onusienne, Radio Okapi, ont vu leurs signaux d’émission brouillés, sans aucune explication préalable».

M. Clea Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières, avait déclaré : « Cette interruption des signaux de deux radios les plus écoutées du pays est très inquiétante ».

Atteintes à la liberté de l'information

Interrogé à propos de cette coupure, avaient fait remarquer RSF et JED, le ministre des Médias, Lambert Mende, avait déclaré que RFI était devenue la caisse de résonance et l’attaché de presse des organisateurs du meeting de l’opposition. Concernant la coupure de Radio Okapi, il avait balayé la question, renvoyant la responsabilité au ministre des Affaires étrangères, au prétexte que la radio dépend de la mission des Nations unies.

Clea Kahn-Sriber avait dit à ce sujet : « Les déclarations du ministre Lambert Mendé montrent que les autorités ne nient pas être à l'origine de ce brouillage. Dans le contexte politique fragile de la RDC, ce type de censure peut profondément affecter l'ordre social, en plus d'enfreindre les droits des citoyens congolais. Nous demandons aux autorités du pays de rétablir le signal de deux radios le plus rapidement possible et de cesser ces atteintes à la liberté de l'information dans le pays ».

Dans un entretien avec l’AFP à New York, la secrétaire générale de la Francophonie Michaëlle Jean avait pour sa part estimé que la coupure du signal de la radio française RFI à Kinshasa n'était pas acceptable. Elle avait demandé au gouvernement congolais de revenir sur cette mesure «au nom de la liberté d'expression et de presse ».

«Quand on installe une espèce de silence forcé, ce n'est pas acceptable », avait-elle relevé, soulignant que cela « envoie un mauvais signal ».

Dans le climat politique tendu en République démocratique du Congo, il faut «arriver à un consensus national », avait expliqué Mme Jean. Qui avait fait remarquer que ce n'est pas en brouillant les ondes de certaines radios qu'on peut arriver à s'assurer d'un climat apaisé.

De leur côté, les Etats-Unis avaient dit être «gravement préoccupés par le brouillage apparent » des signaux de Radio France Internationale et de Radio Okapi. « Les efforts du gouvernement congolais visant à empêcher des membres de la société civile et des partis de l’opposition de tenir des réunions publiques ou d’organiser des manifestations pacifiques dans des lieux publics, et la violation de la liberté de presse par le gouvernement ainsi que le fait de priver la population congolaise de l’accès à l’information sont incompatibles avec les principes démocratiques », faisait savoir un communiqué de l’ambassade des Etats-Unis en RDC.

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