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Renouer formellement avec le FMI, une urgence pour sauver l’économie de la dérive

Écrit par Faustin K.. Publié dans A la Une

Tous les indicateurs conjoncturels (taux de change et taux d’inflation) virant au rouge, l’économie congolaise est dans la situation d’un malade qui a besoin d’un médecin, le Fonds monétaire international (FMI). Relancer les discussions pour conclure un nouvel accord formel avec le FMI devient une urgence.

Par la faute de la Gécamines (Générale des carrières et des mines), la République démocratique du Congo a rompu brutalement, en novembre 2012, avec le Fonds monétaire international (FMI). C’est la fin du second Programme économique du gouvernement (PEG 2). Sur papier, le gouvernement avait pourtant réuni toutes les conditions prévues dans le mémorandum des politiques économiques, financières et monétaires telles que programmée dans le cadre du PEG 2.

Malheureusement, la Gécamines a joué au trouble-fête, hypothéquant toutes les chances de voir la RDC se lier formellement avec l’institution de Bretton Woods.

Quatre ans après, l’économie congolaise tangue. Après ces cinq dernières années, l’économie congolaise traverse, depuis 2015, une zone de très fortes turbulences. A la suite d’une chute brutale des prix des matières premières sur le marché mondial, la RDC a dû recevoir substantiellement ses prévisions économiques.

Les quatre années glorieuses

Entre 2012 et 2015, la RDC a affiché des résultats économiques impressionnants. Avec un taux de croissance du PIB réel supérieur à 7%, contre une moyenne de 3,5% en Afrique subsaharienne, l’économie congolaise a été parmi les 10 économies les plus dynamiques au monde. Le géant congolais s’est réveillé en misant sur ses propres forces : son secteur minier et pétrolier, mais aussi son marché intérieur et ses autres capacités de création de richesses.

D’un objectif initial de 9,9% en 2012 et de 3,5% en 2015, les taux d’inflation observés ont été inférieurs passant de 2,7% en 2012 à 0,82% en 2015. Sur cette période, l'inflation a été en moyenne de 4,7% contre 8,3% pour l'Afrique subsaharienne.

Concernant la monnaie nationale, entre 2012 et 2015, le taux de change est resté stable, entre 915 et 950 francs congolais pour 1 dollar, sous un régime de change flottant. Cette remarquable stabilité a reposé sur une politique budgétaire rigoureuse qu’il convient aujourd’hui de maintenir alors que nous constatons de nouvelles tensions faisant craindre une dépréciation de notre monnaie.

La chute libre

Si jusqu’en 2015, les principaux indicateurs macro-économiques ont affiché une forme relativement bons, l’année 2016 a été celle de tous les contrastes.

En 2016, selon les dernières projections, la RDC a bouclé l’année avec un taux de croissance de 2,5% contre 6,9% en 2015. Le taux d’inflation fin 2016 a dépassé la barre de 10%, alors qu’il s’était établi à moins de 1% en 2015. La monnaie nationale, le franc congolais, s’est dépréciée à un rythme infernal, rongeant davantage le maigre pouvoir d’achat de la population. En 2016, les réserves de change ont fondu comme neige au soleil, se fixant autour de 832 millions Usd, soit moins de quatre (4) semaines d’importation.

La problématique de la chute de réserves internationales constitue également un indicateur qui démontre la descente aux enfers de l’économie congolaise. Le matelas de devises dont dispose le pays ne couvrant que 3 ou 4 semaines d’importations, alors qu’il y a 5 ans, la RDC était en mesure de faire face à plus de 8 semaines d’importations

En 2016, l’économie a basculé dans l’horreur, réduisant à néant toutes les performances de cinq années antérieures. En réalité, par la faiblesse de sa structure économique, fondamentalement tournée vers l’extérieur, la RDC n’a pas supporté le choc exogène imposé par la chute brutale de principaux produits d’exportation, à savoir le cuivre et le cobalt. Les cours périclitant, la RDC a perdu sa principale source des devises. Ce qui a fini par précipiter la dépréciation de la monnaie du fait de profonds déséquilibres entre l’offre des devises, en perte de vitesse, et la demande des devises, de plus en plus pressante.

Aujourd’hui, l’économie congolaise est malade. Si depuis 2012, la RDC s’est passée de son médecin, le Fonds monétaire international, l’économie congolaise présente tous les symptômes d’un malade en urgence de réanimation. Il faut renouer le plus rapidement possible avec le FMI, avant qu’il ne soit trop tard.

Devant le Parlement, le Premier ministre, Samy Badibanga, a exprimé cette nécessité. Tout récemment, la Banque mondiale, qui faisait le point sur l’état des lieux de l’économie congolaise, venait d’abonder dans le même. Malade, la RDC doit retourner vers son médecin pour subir une cure de jouvence afin de rétablir l’équilibre de ses comptes qui virent tout doucement en rouge. Il faut parer au plus pressé, ont dit sans détours les experts de la représentation de la Banque mondiale en RDC qui ont travaillé sur son dernier rapport.

L’appel de la Banque mondiale

Dans leur rapport, les experts de la Banque mondiale présentent la nécessité de conclure le plus rapidement possible un accord formel avec le Fonds monétaire international. Ce, afin de d’espérer à un appui budgétaire avec un impact positif sur la balance de paiement.

« La RDC ne peut résoudre la crise si elle ne pense pas aux réformes », a déclaré l’économiste résident de la Banque mondiale, allusion faite au code minier. Une incise qui vise directement la Gécamines – cette écharde dans la peau de l’économie congolaise. Néanmoins, la Banque mondiale reste confiante quant à la capacité de la RDC à résoudre la crise. Mais, le plus important pour la Banque mondiale, c’est de prendre le devant en s’engageant résolument sur la voie des réformes.

La problématique de la chute de réserves internationales constitue également un indicateur qui démontre la descente aux enfers de l’économie congolaise. Le matelas de devises dont dispose le pays ne couvre que 3 ou 4 semaines d’importations, alors qu’il y a 5 ans, la RDC était en mesure de faire face à plus de 8 semaines d’importations.

En attendant un retour aux rapports moins tendus entre le FMI et la RDC, l’économie congolaise tente de tenir dans un contexte économique particulièrement difficile. Le choc exogène consécutif à une baisse drastique des cours de principaux produits d’exportations de la RDC (cuivre et cobalt) ont sérieusement perturbé le plan de trésorerie de l’Etat, plongeant l’économie dans l’incertitude. Ce qui a conduit le gouvernement à revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour l’année 2017, après avoir pu obtenir du Parlement un collectif budgétaire qui s’étend jusqu’au mois d’avril 2017.

Entre-temps, la courbe des recettes publiques est dans une pente descendante, alors que celle des dépenses consécutive au financement du processus électoral est en ascension en 2017. Pour survivre, la RDC aura besoin des appuis budgétaires conséquents des partenaires extérieurs. Mais, le chemin pour y arriver passe par la conclusion d’un programme formel avec les services du FMI. Ce qui équivaudrait au PEG 3 (troisième Programme économique du gouvernement). D’où, la nécessité de boucler le plus rapidement possible les discussions directes du Centre interdiocésain pour mettre en place un gouvernement de large union qui sera couvert de toute la légitimité pour mieux négocier avec le FMI.

Conçu autour d’un compromis d’ores et déjà remis en cause avec l’accord politique du 31 décembre 2016, le gouvernement Badibanga ne sera pas en mesure de se lancer sur cette voie. Seul le gouvernement qui sortira du Centre interdiocésain pourra aborder avec courage et détermination cette ultime étape.

Négocier avec le FMI pour un nouvel accord formel devient une urgence. Plus le temps passe, plus l’économie replonge dans l’abime, remettant en cause tous les acquis de stabilité macro-économique de ces cinq dernières années.

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