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Phénomène « Mandalala » : les Kinois pleurent Tshisekedi avec des rameaux

Écrit par Donatien Ngandu Mupompa. Publié dans Faits divers

La population congolaise se sent orpheline de ce baobab qui clamait toujours : « Le peuple d’abord ».

Dans l’après-midi du mercredi 1er février 2017, un titan de la politique congolaise est tombé à Bruxelles. C’est Etienne Tshisekedi wa Mulumba, l’opposant radical, en qui tout un peuple fondait ses espoirs.

Lorsque la triste nouvelle est tombée, la plupart de Congolaise et de Congolais ont cru à un canular, surtout que le sphinx était parti pour un contrôle médical de routine. Cela a donc été un véritable coup de massue pour ce peuple qui l’aimait tant. Les incrédules n’en croyaient leurs oreilles.

Toute la journée d’hier jeudi 2 février, une scène inhabituelle a donc été remarquée dans plusieurs coins de la capitale congolaise. Une première à l’annonce du décès d’un grand homme politique : les conducteurs des taxis-motos et ceux des véhicules avaient planté des rameaux soit dans les guidons, soit sur les essuie-glaces de leurs véhicules.

A la question de savoir pourquoi tous ces ornements singuliers, chacun d’eux répondait avec des larmes aux yeux : « Nous sommes en deuil, Ya Tshitshi est parti ! ».

Même scènes désolante dans tout le centre-ville de la commune de la Gombe. La plupart de magasins arboraient des rameaux ou des feuillages des plantes à leurs portes. Si Tshisekedi pouvait ressusciter, il allait voir comment il était adulé par la population kinoise.

Moment inapproprié pour disparaître

Curieusement, même les expatriés asiatiques n’étaient pas en reste. Leurs véhicules et maisons de vente affichaient aussi les rameaux verts, signe de deuil.

C’est dire que la population kinoise s’est sentie orpheline de ce baobab qui clamait toujours : « Le peuple d’abord ». C’est en lui que reposaient tous les espoirs de ces laissés-pour-compte. En effet, ces femmes et hommes désabusés se disaient toujours que c’est là l’homme qui allait un jour mettre fin à leurs tourments.

Ces expressions de tristesse infinie attestent que le président national de l’UDPS a choisi un mauvais moment pour s’en aller. Car c’est sur ses épaules que reposait la mise en œuvre de l’accord signé le 31 décembre 2016 par les différents partis politiques grâce aux bons offices de la CENCO.

Il nous revient du Grand Kasaï que malgré les informations données à ce sujet par les différents médias, la population ne croit toujours pas à cette grande disparition.

Comme on peut donc le constater, sans être prié, le peuple congolais a commencé à observer son deuil sans attendre le mot d’ordre du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, des autres partis politiques de l’opposition ou du gouvernement de la République. Tshisekedi parti, ces gens à l’avenir incertain ne croient plus à l’alternance qui allait leur apporter une bouffée d’oxygène. Voilà pourquoi ils pleurent le seul homme qu’ils prenaient pour leur sauveur, en organisant le deuil national à leur manière.

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