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Crise burundaise : récusé par l’opposition, le facilitateur Mkapa obtient le soutien de l’ONU et de l’UA

Écrit par Cyprien K.. Publié dans Afrique

La communauté internationale s’active pour trouver des solutions idoines à la crise burundaise qui divise pouvoir et opposition depuis la réélection contestée de président Pierre Nkurunziza. Seulement voilà, le facilitateur désigné à cette crise, l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa n’a pas la confiance de l’opposition, alors que l’ONU et l’UA  lui témoigne leur soutien. Et si les médiations africaines étaient une histoire de récusation.

Comme dans la plupart des médiations africaines, le facilitateur chargé de rapprocher les camps opposés se heurte très souvent au problème de confiance. Généralement c’est l’opposition qui récuse. Tout récemment en République démocratique du Congo, l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo a été systématiquement récusé par l’opposition. Actuellement au Burundi, c’est l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa connait le même problème. Malgré le refus de l’opposition, cet ancien l’homme d’Etat tanzanien bénéficie quand même de la confiance et du soutien de l’ONU et de l’UA. Ces deux institutions tiennent mordicus à la signature d’un accord politique entre acteurs politiques burundais, un compris qui devrait sortir ce petit pays de l’Afrique de l’est de cycle de conflit dont beaucoup redoute le pire.

Lors des discussions en amont du sommet de l’UA, rapporte l’AFP qui se fonde sur un communiqué,  les "garants de l'accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région", parmi lesquels l'ONU et l'UA, disent "avoir pris note de l'évolution récente de la situation au Burundi".

Ils ont ensuite "réaffirmé leur plein appui à la facilitation de la Communauté de l'Afrique de l'Est conduite par l'ancien président de la Tanzanie, Benjamin Mkapa", ajoute la même source.

Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis la candidature en avril 2015 de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et son élection en juillet de la même année. Les violences ont fait plus de 500 morts et poussé plus de 300.000 personnes à quitter le pays.

En décembre, alors que le dialogue interburundais était déjà au point mort - Bujumbura refuse de négocier avec le Cnared, plateforme regroupant la quasi-totalité de l'opposition burundaise intérieure et en exil, malgré les pressions et les sanctions de la communauté internationale -, M. Mkapa avait jugé inutile de continuer à contester la "légitimité" de l'élection de M. Nkurunziza.

Il avait également appelé les parties à se concentrer sur la bonne tenue des élections de 2020.

Ces déclarations avaient ravi le gouvernement burundais mais lui ont attiré les foudres du Cnared, qui estime que la Constitution burundaise ne permettait pas à M. Nkurunziza de briguer un troisième mandat. Le Cnared avait dès lors annoncé ne plus le reconnaître comme facilitateur.

 

 

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