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Danse contemporaine : Faustin Linyekula présente à Paris le spectacle «Le Cargo»

Écrit par B. Ipan le . Publié dans Culture

Après une quinzaine de pièces avec sa compagnie, des tournées un peu partout dans le monde, le chorégraphe Faustin Linyekula de la RDC opte pour une forme simple intime. Sa pièce « Le Cargo »sera présentée le 14 février 2017 au Théâtre du Tarmac, à Paris.

Selon une dépêche de Radio France International, le spectacle est un solo où il raconte, à travers les mots et la danse, son retour dans son village natal après 29 ans d'absence.

Dans « Le Cargo », le chorégraphe congolais revient au village de son enfance, Obilo, au Congo, qu’il a quitté à l’âge de 8 ans. « Jepense qu’à un moment dans nos parcours à nous tous, il arrive toujours qu’on sente la nécessité de se poser et de réfléchir avant d’aller plus loin. Le Cargo est la première pièce où je suis tout seul sur scène. Avant j’avais fait que des pièces de groupe, parce que je me disais que l’intérêt de créer est justement de partager un espace avec d’autres », a expliqué Faustin.

Il estime que l’exercice du solo « est un exercice qui concentre une somme d’expérience et quand on est trop jeune, c’est compliqué. Moi, c’est au bout de dix ans de travail de compagnie que je me suis arrêté de faire ce solo ».

 

Source d’inspiration

Obilo a connu la guerre du Congo –Faustin Linyekula en parle dans son spectacle. Et ce village a aussi perdu la danse de son enfance. Elle n’existe plus.Et cela depuis un moment, parce que ces gens doivent faire tellement face aux questions de survie quotidienne, ils n’ont même plus le temps de s’occuper d’eux-mêmes. Prendre le temps de danser, c’est de créer un espace où l’on peut réfléchir à sa place dans le monde, mais quand on est tellement pris dans les griffes de la survie, ça devient impossible. Et cela a fait, effectivement, que toutes les danses de l’enfance du danseur congolais ont disparu ou elles sont en train de disparaître.

Le chorégraphe raconte la source de ses inspirations : «Chaque fois quand je vais sur scène, c’est un peu guidé par la conscience de la vie. Et ces ruines qui sont les miennes, comment construire avec cela ? Donc quand on va fouiller dans les ruines, on trouve toujours des bouts de choses. Dans mes ruines à moi, il y a des bouts, des rituels, par lesquels je suis passé enfant, il y a des bouts de danses populaires du Congo, mais il y a aussi des bouts de poèmes d’Aimé Césaire ».

Dans sa pièce, le danseur part aussi d’une phrase du poète libano-syrien Adonis : « Comment marcher vers moi-même, vers mon peuple, avec mon sang en feu et mon histoire en ruine ? ». Il explique comment ce poème l’a nourri.

« Ce poème, je l’ai lu, il y a plus de 20 ans. C’est l’un des vers qui m’ont accompagné tout au long de mon parcours, jusqu’ici. C’est à la fois une quête existentielle : comment vivre au Congo ? Comment négocier ce rapport à cet espace que je reconnais, mais, en même temps, je ne reconnais plus, parce qu’il y a eu toutes ces années de violences et ces décennies d’exploitation. Donc, comment vivre avec cela ? Je pourrais dire qu’il s’agit pour chaque pièce de mettre en jeu tous les moyens dont je dispose pour essayer de dire mon monde. Parfois, je dois jusqu’à courir au mot. D’autre fois encore, il s’agit juste du chant ou de la danse, mais quoi il en soit, il y a un point qui relie tout cela : il s’agit de mis en jeu du corps », a déclaré le danseur chorégraphe Faustin Linyekula.

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