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Bemba – Bazaïba : la rupture n’est plus loin

Écrit par F.K.. Publié dans A la Une

Pour s’être brouillé avec Jean-Pierre Bemba, Olivier Kamitatu, François Muamba et Thomas Luhaka, qui ont eu à assumer pendant un temps les fonctions de secrétaire général du MLC (Mouvement de libération du Congo), ont dû quitter le parti. Eve Bazaïba, actuelle secrétaire générale du MLC, pourrait bien connaître le même sort. Sa gestion de la participation du MLC aux discussions directes du Centre interdiocésain n’a pas plu au chairman, qui a malignement réagi depuis sa cellule de La Haye (Pays-Bas). Le divorce n’est plus loin.

Entre Jean-Pierre Bemba, président du Mouvement de libération du Congo (MLC), en détention à La Haye, et la secrétaire générale, Eve Bazaïba, les violons ne semblent plus s’accorder. Le dernier message des vœux de Bemba depuis sa cellule de La Haye est une belle illustration. En des termes polis, Jean-Pierre Bemba a fustigé l’attitude de la secrétaire générale qui, en refusant de signer l’Accord du 31 décembre 2016, a donné des arguments à la Majorité présidentielle pour remettre en  cause l’inclusivité de l’accord négocié dans des conditions complexes et difficiles sous la médiation de la Cenco.

Ainsi, après la coordination du Front pour le respect de la Constitution qui a dénoncé les méthodes peu commodes de la secrétaire générale du MLC, c’est le tour du chairman Jean-Pierre Bemba de s’en prendre subtilement à celle qui, en l’absence de Fidèle Babala, a engagé le parti dans un bras de fer qui pourrait à terme lui être fatal.

Lorsque Bazaïba refuse de s’engager dans l’accord politique négocié sous l’égide de la Cenco, Jean-Pierre Bemba salue, depuis son lieu de détention,les discussions directes de la CENCO qui ont eu « le mérite de poser les jalons d'une alternance politique pacifique dans le pays ».

Comme pour ramener la secrétaire générale sur le chemin, le chairman rappelle que « dans tous les forums, le MLC a toujours privilégié la recherche d'une solution dans l’intérêt du pays et de la population mais non le positionnement des personnes ». « Il en a été ainsi, note-t-il, à Lusaka, à Sun City I et II, à Matadi et aux concertations nationales ».

Jean-Pierre Bemba ne voudrait pas que le MLC porte la responsabilité de la déroute de l’Accord du 31 décembre 2016. Aussi  fait-il remarquer que « dans son histoire, le MLC a apporté une forte contribution à la réunification du pays et à la refondation d'un Etat démocratique en RDC ».

Se démarquant de l’attitude que continue à afficher la secrétaire générale Eve Bazaiba, Jean-Pierre Bemba estime qu’« au-delà des manœuvres des uns et des autres aux rencontres de la CENCO », il « encourage toute initiative politique crédible, capable de trouver les voies et moyens de faire vivre les Congolais ensemble en vue d'une passation historique et démocratique du pouvoir politique dans notre pays, seul gage de stabilité et de paix au lendemain des élections en RDC ».

Décryptage?

Le message de vœux de Jean-Pierre Bemba arrive à point nommé. C’est une façon pour Jean-Pierre Bemba de reprendre le contrôle de son parti en rappelant ses cadres à l’ordre, notamment ceux qui ne sont pas compté parmi les militants de première heure. Ce message traduit la colère du chairman au regard de la direction prise le MLC à l’issue des pourparlers directs du Centre interdiocésain. Une chose est sûre : Jean-Pierre ne voudrait pas que son parti, le MLC, soit pris en otage en raison de « positionnement des personnes ».

Car, en refusant de signer l’Accord du 31 décembre 2016, le MLC se démarque totalement de ce qui a toujours fait sa force, c’est-à-dire l’art du compromis. C’est en faisant preuve de dépassement que le MLC a signé en 2002 l’Accord global et inclusif de Sun City. C’est sur base de cet accord, rappelle-t-on, que le MLC à hériter, sous le régime « 1+4 », des postes de vice-président de la République et du président de l’Assemblée nationale. Ce qui, à l’époque, n’avait irrité personne. Alors pourquoi le MLC et sa secrétaire générale redoutent-ils autant l’UDPS ?

Y aurait-il une main noire qui motive cette attitude ? Jean-Pierre Bemba en sait quelque chose. Le fait pour lui « d’appeler les acteurs politiques congolais à apprendre à vivre ensemble, à œuvrer pour la réconciliation nationale au risque de fragiliser la cohabitation pacifique recherchée à l'issue de cette alternance » n’est pas anodin. C’est un message qu’il lance à la direction politique de son parti restée à Kinshasa qui, pour des raisons qui lui sont propres, tente de s’écarter de la ligne qu’il a toujours suivie depuis Lusaka jusqu’en Sun City en Afrique du Sud.

Entre Bemba et Bazaïba, on n’est plus loin d’une rupture. A moins que cette dernière se ressaisisse à temps.