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Cinq questions à Ève Bazaiba (*)

Écrit par Tiré de www.radiookapi.net. Publié dans 5 Questions à...

1. Une certaine opinion aujourd’hui pense que le Front pour le respect de la Constitution dont vous faites partie constitue un point de blocage alors que les autres parties (le Rassemblement, la Majorité présidentielle même une partie de signataires de l’Accord du 18 octobre de la Cité de l’Union africaine) ont quand même signé l’Accord de la Cénco. Que voulez-vous au juste ?

Nous voulons demander au Rassemblement de prendre ses responsabilités. Il ne faut pas qu’il y ait des boucs émissaires. La position du Front ne gêne en rien la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016. C’est le Rassemblement qui a la responsabilité actuelle. Je vous informe, en tant que parlementaire, que le 15 janvier, il y aura clôture de la session extraordinaire. Et un gouvernement, pour fonctionner, doit passer par l’investiture à l’assemblée nationale précisément. Donc, le Rassemblement a tout intérêt, dans les 72 heures, à désigner son premier ministre afin de mettre en place le gouvernement pour avoir l’investiture du parlement. Et que le gouvernement se mette en œuvre. La responsabilité n’incombe pas au Front. Le Front voudrait seulement jouer ce rôle-là de la police politique pour nous rassurer de la mise en œuvre de l’Accord.

2. Si je vous comprends très bien, le Rassemblement traîne les pieds, la Majorité prend son temps, la session extraordinaire se termine le 15 janvier. Alors, ils n’auront plus de temps ?

La Majorité a tout intérêt à faire pousser à la mise en œuvre de cet Accord parce que c’est elle qui a eu la responsabilité de nous mettre dans cette situation. C’est cette Majorité-là, avec son autorité morale, qui gérait l’Exécutif. Qu’on finisse avec des arrangements, des combines pour partager le pouvoir. Nous refusons que quiconque, de la Majorité ou du Rassemblement, utilise la position du Front comme étant l’alibi de ne pas mettre en œuvre cet Accord.

3. Aujourd’hui, l’opinion tant nationale qu’internationale salue cet Accord issu de discussions directes sous la médiation de la Cénco. Alors, selon vous, qu’est-ce qu’il faut pour que cet Accord soit mis en application ?

Ce qu’il faut pour que cet Accord soit mis en application, c’est, premièrement, la volonté politique, la sincérité de toutes les parties. Il ne faut pas se cacher derrière son toit. Nous savons qu’il y en a qui ont les velléités de rester au pouvoir pour puiser dans les caisses de l’État le plus longtemps possible. Les uns et les autres disent qu’ils doivent aller là-bas pour avoir les mêmes chances financières ou pour, je ne sais pas moi, avoir la puissance publique afin d’aller aux élections. Ce qu’il faut, je le répète, c’est la volonté politique et la sincérité. L’Accord est déjà en train d’être mis en œuvre.

4. Qu’en est-il du questionnaire que les évêques de la Cénco vous ont remis ?

La médiation nous a envoyé un questionnaire concernant le chronogramme, le profil du premier ministre, la taille du gouvernement, la mise en place des institutions et les termes de référence de la manière dont le Conseil national de suivi de mise en œuvre de l’Accord doit être mis en place. Nous sommes en train de nous y atteler. Dans les heures qui suivent, le Front déposera déjà le fruit de ses cogitations. J’ose croire que les autres font de même. Il ne faut pas que le Rassemblement et la Majorité nous roulent dans la farine.

5. Pensez-vous que la Société civile joue le rôle qu’on attend d’elle ?

La Société civile, qui, normalement, devait être le contrepoids, se tait. Elle aussi est engouffrée dans la recherche du partage du pouvoir, du gâteau. On n’a pas gagné la guerre. Il n’y a pas de butins à partager. Il s’agit d’une République qu’on doit remettre sur les rails. Pendant que les autres évoluent en termes de développement, nous, nous sommes encore en train de discuter des arrangements particuliers pour partager le pouvoir. Ce n’est pas correct de notre part. Je répète que le Rassemblement désigne son premier ministre pour que son gouvernement et lui-même soient investit par l’assemblée nationale. Qu’est-ce que le Rassemblement attend alors que nous courons derrière le temps.

(*) Secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo (MLC)      

 

 

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