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Primature : le Rassemblement évite le piège de la division

Écrit par Le Potentiel.

La République démocratique du Congo doit vite régler ses problèmes et sortir de la crise née de l’absence d’élections dans les délais constitutionnels. L’accord du 31 décembre 2016, facilité par la CENCO, a le mérite d’être un compromis global et inclusif que tous les acteurs majeurs de la classe politique et de la Société civile congolaise approuvent. Cependant, au lendemain de sa signature, cet accord a subi des attaques de toutes parts, mettant en mal son application.

Outre la polémique née de la signature « sous réserve » de la Majorité présidentielle et les ambitions démesurées d’Eve Bazaiba qui a voulu piloter le Comité national de suivi de l’accord, en lieu et place de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, il y a eu la question de la primature que le compromis du Centre interdiocésain confie expressément au Rassemblement.

Félix Tshisekedi Tshilombo a donné le ton le premier en disant clairement que le poste de premier ministre devrait revenir à l’UDPS. Cette déclaration a créé des vagues jusque dans la Majorité présidentielle où certains cadres voyaient d’un mauvais œil que l’UDPS s’accapare aussi de la primature en plus du Comité national de suivi de l’accord, espérant pousser indirectement les autres forces du Rassemblement à réclamer le même poste. C’était sans compter avec la sagesse des cadres de cette plateforme de l’Opposition.

Le piège déjoué, et après…

Le Rassemblement est composé, de l’UDPS et de ses alliés, du G7, de la Dynamique de l’Opposition et de l’Alliance pour l’alternance (AR). Une après l’autre, ces composantes ont levé l’équivoque sur cette question de la primature qui, pour certaines méchantes langues, devrait diviser le camp de l’Opposition.

Le G7, ce regroupement des partis qui ont quitté la Majorité présidentielle en septembre 2015 pour rejoindre l’Opposition, ne s’est pas fait prier pour lever toute équivoque sur la question de la primature. Cette composante ne trouve pas d’inconvénient que le prochain Premier ministre qui sera nommé à la suite de l’accord du 31 décembre soit issu de l’UDPS, parti d’Etienne Tshisekedi.

« Nous acceptons que l’UDPS puisse nous proposer un candidat Premier ministre », a déclaré samedi 7 janvier Pierre Lumbi, président du G7. Pour lui, le prochain Premier ministre doit être issu d’«un parti solide ».  « Nous espérons que tous les amis comprendront que nous avons intérêt à ce qu’un Premier ministre sorte d’un parti fort. Et le premier de ces partis, c’est l’UDPS », a déclaré sans ambages Pierre Lumbi, au grand étonnement de tous ceux qui s’attendaient à ce qu’une guerre féroce entre les composantes du Rassemblement sur la question.

Le G7 a été suivi par l’AR (Alliance pour l’alternance), une composante qui soutient la candidature de Moïse Katumbi. Les cadres de l’AR non plus ne sont pas opposés à ce que l’UDPS propose un candidat pour le poste de Premier ministre, conformément à l’Accord du 31 décembre 2016.

Tout récemment, c’est au tour de la Dynamique de l’opposition de refuser de prétendre à la primature, question de préserver l’unité du Rassemblement.

Un dénouement plutôt heureux sur une question qui, si elle n’était pas gérer avec sagesse, aurait, sans nul doute, divisé la plateforme la plus représentative de l’Opposition congolaise. Tout le mérite doit être reconnu aux cadres du Rassemblement qui ont privilégié l’intérêt supérieur de la nation aux visées partisanes, en ce moment où le peuple congolais veut qu’on applique le plus vite possible l’accord du 31 décembre 2016.

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