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Le phénomène « Zando direct », une pratique pour escroquer la population

Écrit par Florent N’Lunda N’Silu. Publié dans Faits divers

Les conducteurs de bus et taxis-bus font voir des vertes et des pas mûrs aux passagers dans la ville de Kinshasa. Ces derniers sont soumis à leurs caprices en payant 1 000 Fc au lieu de 500 Fc, fixés officiellement pour un trajet à emprunter. Cela avec des astuces savamment montées.

Des conducteurs de bus et taxis-bus commis au transport en commun dans la ville de Kinshasa ont toujours de petites idées derrière leurs têtes pour gagner davantage d’argent, n’importe comment, sur le dos des passagers.

On les voit pratiquer le « demi-terrain », pratique qui consiste à sectionner le trajet. Gagnant ainsi, pour le trajet fixé par l’Hôtel de ville de Kinshasa qu’ils desservent le double du tarif officiel. Qui, paradoxalement, ne réagit pas, c’est-à-dire qu’il ne prend aucune sanction en vue de les ramener à l’ordre. Une attitude à tout le moins incompréhensible et inexplicable.

Après le « demi-terrain », ce sont les phénomènes « Zando direct », « Boulevard direct » et « Mbudi direct » … que les conducteurs de bus et taxis-bus pratiquent, même si le passager descend en cours de route.

C’est de Lemba-Terminus, le terminus des bus et taxis-bus commis au transport en commun que partent les conducteurs à destination du siège de la Société nationale d’assurances (SONAS). Pour se démarquer de leurs collègues, ils ont baptisé le trajet « Boulevard direct » pour percevoir le double du tarif officiel fixé à 500 francs congolais. Ils font donc payer 1 000 francs congolais à tout passager qui prend place à bord de leurs véhicules.

Dans la partie Ouest de la capitale, c’est le phénomène « Mbudi direct » qui est connu. Mbudi est cette célèbre bourgade située dans la commune de Mont-Ngafula et qui a servi de cadre aux travaux ayant abouti à la fixation du barème dit de « Mbudi ». Lequel alloue 209 dollars américains à l’huissier et 2090 au secrétaire général de l’Administration publique de la République démocratique du Congo.

Les conducteurs font le trajet Mbudi-Zando et vice-versa pour un montant de 1 000 francs congolais.

Le phénomène « Zando direct » est de mise sur le trajet Matadi-Kibala (commune de Mont-Ngafula)-Zando (marché central de Kinshasa) et vice-versa.

Les privés qui desservent ce trajet, attirés par les  recettes alléchantes réalisées journellement par leurs collègues qui pratiquent le phénomène « Zando direct » ou « Boulevard direct », ont fini par leur emboîter le pas. La situation remonte à décembre 2016. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître, car les recettes réalisées ont connu une augmentation au jour le jour. Et comme l’appétit vient en mangeant, les privés sont arrivés à imposer le montant de 1 000 francs congolais au lieu 700 Fc, payés jusque-là.

Se confiant à l’Agence congolaise de presse (ACP), les privés ont prétendu que les propriétaires de véhicules fixent les recettes journalières en dollar américain, relevant que la monnaie nationale, le franc congolais, connaît une décote importante par rapport au dollar américain.

Pour les clients interrogés, les transporteurs n’ont profité que de l’engouement observé dans le trafic de toutes lignes vers le Marché central de Kinshasa, communément appelé « Zando », pendant les festivités de fin d’année pour augmenter unilatéralement le tarif sans consulter l’autorité urbaine.

Ils ont plaidé pour l’instauration d’une « ligne » de la Transco (Transport au Congo, une entreprise publique » sur cet itinéraire afin d’aider la population à vaquer en toute quiétude à ses occupations.

« Le phénomène ‘Zando direct’ n’est qu’un moyen d’escroquer la population alors qu’en cours de route, ils déposent et prennent d’autres clients », a indiqué un passager qui déplore le silence des pouvoirs publics et de l’Association des chauffeurs du Congo (ACCO).

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