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La MP au bord de l’éclatement

Écrit par Le Potentiel . Publié dans A la Une

L’Accord politique du 31 décembre 2016 a eu l’effet d’un tsunami. Si le Rassemblement a tenu le coup, ce n’est pas le cas dans la Majorité présidentielle (MP) où des fissures sont déjà perceptibles. Le chef de l’Etat, s’étant engagé à ne pas se représenter au terme de la transition, la guerre des dauphins s’annonce âpre.  En lançant lundi, à Kinshasa la Centrale électorale, la MP s’adonne à un exercice périlleux dans lequel sont mis en jeu l’avenir et l’unité de la famille politique du chef de l’Etat.

Le 31 décembre 2016, signataires et non-signataires de l’accord politique du 18 octobre 2016 parvenaient, avec l’accompagnement de la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo), à la signature d’un compromis garantissant une gestion collégiale de la transition pour des élections apaisées. Dans l’accord, les parties signataires ont convenu de confier la direction du gouvernement au Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, regroupement politique qui s’est formé en août 2016 à Genval (Belgique) autour d’Etienne Tshisekedi. Il en est de même du Conseil national de suivi de l’Accord censé faire office d’autorité de la transition.

Le Rassemblement se relève, la MP patauge

Pour nombre d’analystes, confier le poste de Premier ministre  paraissait comme un piège tendu au Rassemblement pour sa désintégration. Réparti entre cinq composantes, dont la locomotive l’UDPS, la Dynamique de l’Opposition, le G7, l’Alternance pour la démocratique et la Coalition des Alliés du président Tshisekedi, certains craignaient que le Rassemblement ne s’enferme dans une querelle interminable autour du choix du candidat Premier ministre à proposer au chef de l’Etat, pour nomination. Curieusement, le Rassemblement a conjuré ce vieux démon.

Dans ses rangs, aucune fissure n’est signalée, à ce jour. La question du choix de Premier ministre n’a pas fait bouger les lignes. Le Rassemblement continue à garder la ligne qu’il s’est tracée depuis Genval en août 2016. Le G7 s’est clairement prononcé sur le sujet. Selon ce regroupement politique, le choix du Premier ministre est de la compétence de l’UDPS. D’autres regroupements politiques ont embouché la même trompette. Tous se sont remis au « pouvoir discrétionnaire » d’Etienne Tshisekedi, président du Comité des sages du Rassemblement dans le choix du Premier ministre. Voilà qui rabat le caquet aux prophètes de malheur qui pensaient que l’ouragan allait emporter les fondements du Rassemblement. 

Par contre, des signes visibles de frustrations remontent à la surface au jour le jour dans la MP. Depuis la nomination de Samy Badibanga au poste de Premier ministre, suivie de la promulgation, le 18 décembre 2016, de son gouvernement, la MP traverse une période de crise latente. Ça bouillonne dans tous les sens. En cause : la gestion des ambitions et surtout l’assurance d’un avenir politique radieux. Cela se caractérise par des sons discordants sur l’appréhension de l’accord du 31 décembre 2016.

Alors que les ténors de la MP ont signé ce document, d’autres membres s’évertuent à le torpiller, se refusant de céder aux dispositions qui s’imposent à toutes les parties signataires. Pince sans rire, certains sont allés jusqu’à vouloir introduire une requête en annulation de cet accord auprès de la Cour constitutionnelle ! Et dire que cela rentre en contradiction avec la position du chef de l’Etat qui a adhéré à cet Accord salué par toute la communauté internationale.

A la recherche d’un nouveau souffle

L’hypothèse d’un troisième mandat du chef de l’Etat, Joseph Kabila, ayant été écarté dans l’Accord du 31 décembre 2016, la MP est à la recherche d’une nouvelle âme. Bref, d’une nouvelle identité. Comment y parvenir, sans l’ombre de Kabila ? C’est le grand dilemme auquel sont confrontés les ténors de la Majorité.

Dans un premier temps, ses stratèges ont imaginé la création d’une Centrale électorale. Cette structure a été officiellement lancée hier lundi au Pullman Grand Hôtel Kinshasa. En attendant la nomination de ses principaux animateurs, Aubin Minaku en a fixé le cadre en déclarant sur son compte twitter que la Centrale est créée « en perspective des élections à venir ».

« La Majorité présidentielle alignera des candidats à tous les niveaux », a renchéri Minaku tout en se gardant de se prononcer sur l’hypothèse d’une candidature de Joseph Kabila à la prochaine présidentielle.  Et, bottant en touche, il a laissé entendre : « Ce n’est ni le moment ni le contexte ».

Le lancement de la fameuse Centrale électorale est cette face révélée de l’iceberg qui confirme le climat de méfiance qui règne désormais au sein de la MP. Par peur de voir la bergerie se vider de son troupeau, la MP tente de rassurer ses membres en leur garantissant un avenir politique sous sa protection. Une initiative qui est loin de rassurer tout le monde.

La disqualification de son autorité morale de la prochaine course présidentielle serait l’une des causes de l’agitation constatée actuellement au sein de la MP. Certains membres estiment que le temps est venu de s’émanciper. C’est le cas notamment des partis politiques qui ont choisi de quitter le bateau MP avant qu’il ne chavire : « Congo Notre beau pays », « FSIR » (Front social des indépendants républicains), « Panadi » (Parti des nationalistes pour le développement intégral), etc.

Quand bien même ce ne serait pas le cas de figure des partis du G7 qui n’avaient pas hésité à étaler au grand jour leur contradiction avec la direction politique de la MP, l’on ne serait pas très loin de pareil  scénario. D’autres, indécis, n’attendent que la mise en place du gouvernement selon l’Accord du 31 décembre 2016 pour redéfinir leur rapport avec la MP.

La famille politique du chef de l’Etat traverse une zone de très fortes turbulences. Dans le cockpit, le pilote tient encore la manette. Mais, pour combien de temps encore ? Bien des membres pensent que le moment est venu de se lancer dans l’apprentissage d’une vie politique, loin de l’ombre permanente de Kabila. L’hypothèse d’une implosion en plein vol devient de plus en plus évidente.

Dans son édition de cette semaine (voir encadré), le magazine Jeune Afrique se faufile dans les méandres de la MP.

 

 

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