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JED dénonce la censure imposée aux médias du Kasaï Oriental

Écrit par Donatien Ngandu Mupompa. Publié dans Faits divers

 

 

Cette organisation non gouvernementale de défense de la liberté de la presse en appelle à la désobéissance de cet ordre qu’elle qualifie d’illégal.

Journaliste en danger (JED) s’inquiète de la mesure prise le mercredi 14 décembre 2016 par M. Alphonse Ngoyi Kasanji, gouverneur de la province du Kasaï Oriental, au centre de la République démocratique du Congo, interdisant la diffusion des émissions à caractère politique dans tous médias émettant dans cette province.

Selon les informations parvenues à JED, le gouverneur Alphonse Ngoyi Kasanji a convoqué dans son cabinet de travail, le mercredi 14 décembre 2016, les membres du conseil provincial de sécurité, composé notamment des responsables de l’Agence nationale de renseignements (ANR), de la Police nationale congolaise, des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), etc. De cette réunion, il a été donné injonction aux médias audiovisuels de ne plus diffuser, jusqu’à nouvel ordre, des émissions et débats politiques.

Cette mesure de censure imposée aux médias a été prise, selon le gouverneur de province, pour « prévenir des messages et informations d’incitation à la haine, aux troubles à l’ordre public et aux violences » en perspective de la journée du 19 décembre 2016, date marquant, selon la Constitution de la République démocratique du Congo, la fin du mandat du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.

Une mesure abusive

Contacté par JED, un journaliste-chroniqueur politique prestant dans un média émettant à Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï Oriental, a qualifié la mesure prise par le gouverneur d’abusive. Il a déclaré : « Le gouverneur de province et sa suite sont allés outre leurs prérogatives en suspendant les émissions à caractère politique dans nos médias. Il s’agit d’une violation flagrante de la Constitution qui garantit la liberté d’expression dans le pays. La population de la province du Kasaï Oriental sera privée, jusqu’à nouvel ordre, des informations politiques. Ce n’est pas normal dans un pays qui prétend être démocratique, de contraindre la population de ne pas connaître ce qui se passe dans son pays. Les journalistes n’ont jamais porté une arme pour provoquer le chaos dans la province ».

Cela, avant d’ajouter qu’une importante communication des journalistes locaux sera faite dans 48 heures en réaction de la décision du conseil provincial de sécurité.

Journaliste en danger (JED) condamne fermement la censure des émissions et débats politiques et exige la reprise immédiate de ces émissions dans les médias du Kasaï Oriental.

 

JED demande instamment aux journalistes de la province du Kasaï Oriental de ne pas obéir à la décision du gouverneur de province, et précise : « Car il est de leur devoir, au nom de la liberté d’information et d’expression, d’avoir un esprit critique, de s’intéresser et de questionner les choix et pratiques du gouvernement et des acteurs politiques, afin d’engager avec responsabilité un débat public sur des questions qui concernent toute la population ».

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