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Territoires du Nord : nécessité d’un traité de paix entre la Russie et le Japon

Écrit par Cyprien Kapuku. Publié dans Internationale

Les pourparlers entre le Japon et la Russie, qui se sont interrompus depuis 2014 à la suite de l’annexion de la Crimée par la Russie, reprennent ce jeudi  avec la visite officielle du président russe Vladimir Poutine à Tokyo. Côté japonais, l’on souhaite que cette reprise des discussions accélère le processus de conclusion d’un traité de paix au sujet des territoires du Nord.

Entre la Russie et le Japon, les rapports de coopération sont au bonfixe. Un seul point, non des moindres, constitue cependant une tache noire dans les relations entre ces deux pays depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Il s’agit de la question des « territoires du Nord ». Ces parties de terre dont le Japon revendique la souveraineté, mais que la Russie occupe et considère siens,  sont constituées de quatre îles : Etorofu, Kunashiri, Shitotan et Habomai. Elles ont été découvertes par le Japon en 1644 bien avant que la Russie n’explore les îles Kouriles (nom des territoires du Nord) au début du XVIIème siècle.

C’est le 9 août 1945, date qui coïncide avant la capitulation japonaise, que ces quatre îles furent occupées par l’armée russe jusqu’à ce jour. Affaiblies par les bombardements américains d’Hiroshima et Nagasaki, les forces nipponnes n’avaient opposé aucune résistance devant les russes.

A cette époque, a-t-on lu dans un document du ministère des Affaires étrangères du Japon, près de la moitié de 17.291 citoyens japonais qui vivaient dans ces îles furent obligés de les fuir. 

Depuis ce temps, l’on assiste à des négociations interminables entre Russes et Japon en vue d’aboutir à la conclusion d’un traité de paix, un instrument qui devait mettre fin à ce litige qui n’a que trop duré, 71 ans. En parvenant à cet objectif, c’est toute la région de l’Asie Pacifique qui en sortira gagnant. Cela est d’autant plus vrai dans la mesure où ces deux pays sont des pivots importants de cette région. C’est derrière cet objectif que court le Japon depuis 1945.

Mais au vu de différents contacts entre les officiels de ces deux pays qui ont conduit à la signature de certains accords et déclarations conjointes, il y a lieu de croire à un probablement sortie de tunnel, même si cette question est assez délicate pour les deux parties.

Visite de Poutine ou retour des discussions

Comme la plupart des pays du monde, le Japon était l’un de ceux qui avaient exprimé leurs préoccupations après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Depuis cette période, les pourparlers entre la Russie et le Japon avaient connu un coup d’arrêt. Alors que le président russe, Vladimir Poutine, effectue ce jeudi une visite officielle au Japon, il y a lieu de dire que le déplacement du chef de Kremlin est un signe qui n’annonce pas moins le retour des discussions avec son partenaire japonais. Bien qu’officiellement la visite de deux jours de Poutine au Japon va tourner autour des questions sécuritaires et exercices conjoints de sauvetage en mer, tout porte à croire que la question des territoires du Nord ne manquera de s’inviter au débat. Même s’il ne faut pas s’attendre à des avancées quant à la conclusion du traité de paix, comme le relativise le  ministre russe des Affaires étrangères.

« Aucun progrès immédiat vers la signature d'un traité de paix ne doit cependant être attendu, car les deux pays ont encore beaucoup de mal à surmonter leurs différends », a déclaré samedi à Moscou le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui s’était ainsi exprimé à quelques jours du voyage très attendu de Poutine au Japon.

Tandis que, la position et les principes de base du gouvernement japonais sur cette question délicate n’ont pas changé.

Pour le Japon, explique son ministère des Affaires étrangères, «  Alors que le monde connait aujourd’hui une dynamique de changement, le Japon et la Russie partagent de grandes responsabilités pour assurer la stabilité et la prospérité à la région Asie-Pacifique. L’absence d’un traité de paix entre le Japon et la Russie, 71 ans après la Seconde Guerre mondiale est une situation anormale, qui nécessite une résolution de la question des territoires du Nord et la conclusion d’un traité de paix ».

Reste que les deux parties finiront par trouver, au regard  des considérations historiques, un véritable modus vivendi à ce long  conflit géopolitique.

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