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Pourparlers de la CENCO : le nombre de délégués porté à 32

Écrit par LP.

Le Mouvement de libération du Congo (MLC) ayant finalement obtenu trois sièges au lieu de deux, le nombre de délégués aux pourparlers entre congolais pour la paix en RDC, placés sous l’égide de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) a été porté à 32, réparti à parts égales entre les signataires de l’accord politique de la cité de l’Union africaine et les non signataires.

Le retour du MLC sur la table du dialogue s’est négocié à très haut niveau. Mercredi dans la matinée, la CENCO, avec à ses côtés le nonce apostolique, ont eu des entretiens avec des délégués du MLC. C’est au terme de ces échanges que le MLC de Jean-Pierre Bemba a finalement accepté de rejoindre les délégués du Centre interdiocésain, coupant l’herbe sous les pieds de la Majorité présidentielle qui voulait déjà se servir de l’absence du MLC pour remettre en cause l’inclusivité des pourparlers parrainés par la CENCO.

Dans une déclaration rendue publique mardi à Kinshasa, le MLC, qui se fait passer pour le leader du Front pour le respect de la Constitution, a justifié par la voie de son secrétaire général, Eve Bazaïba, son retrait par le fait d’une « question de principe, de considération, du respect des engagements et d’exigence d’égalité de traitement ».

Le MLC « confirme ce jour (...) sa décision de retrait des discussions directes » organisées sous l'égide de la CENCO, indiquait le communiqué signé mardi par Eve Bazaïba. Mme Bazaïba a justifié cette décision par la position qu'elle juge « hégémonique » du Rassemblement, coalition d'opposition formée autour de l'opposant historique Étienne Tshisekedi.

24 heures après, le parti de Jean-Pierre Bemba est donc revenu à la raison, en acceptant enfin de siéger aux pourparlers du Centre interdiocésain avec ses trois délégués qui ont été aussitôt intégrés dans les trois commissions créés à l’issue des échanges de mardi dernier.

La table-ronde convoquée par les évêques catholiques a pour but de trouver un compromis en vue de mettre sur pied une période de transition entre le 20 décembre, fin du mandat de M. Kabila, et l'élection de son successeur à une date qui reste encore à déterminer.

Âgé de 45 ans, M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter.

En l'absence de la tenue de la présidentielle à temps, la majorité et une frange minoritaire de l'opposition ont conclu en octobre un accord renvoyant l'élection à une date indéterminée et prévoyant le maintien au pouvoir de M. Kabila en contrepartie de la nomination d'un Premier ministre issu de l'opposition.

L'accord est jugé inacceptable par la majeure partie de l'opposition et les négociations qui se sont ouvertes sous l'égide de la CENCO ont pour but de parvenir à un consensus entre deux délégations de négociateurs : d'une part les signataires de cet accord et de l'autre ses détracteurs.

Dans cette dernière délégation, 13 des 15 négociateurs sont membres du Rassemblement, qui n'a laissé que deux places au MLC alors que le parti en exigeait quatre. Deuxième parti d'opposition à l'Assemblée nationale à l'issue des législatives de 2011, le MLC a été affaibli depuis lors par une vague de départs massifs de ses cadres.

Le MLC est la formation de l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, détenu depuis 2008 à La Haye et condamné en juin à 18 ans de prison par la Cour pénale internationale (CPI) pour une vague de meurtres et de viols commis en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003 par le MLC, du temps où il était une milice.

L'annonce de son retrait du dialogue a été rendue publique le jour même où le procureur de la CPI a requis huit ans de prison contre M. Bemba, dans une affaire de subornation de témoins en vue d'obtenir son acquittement dans son procès lié à la Centrafrique.

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