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68ème Journée internationale des droits de l’homme : tous, défendre les droits de quelqu’un

Écrit par Donatien Ngandu Mupompa le . Publié dans Faits divers

En RDC, la cérémonie officielle marquant la célébration de la 68ème Journée internationale des droits de l’homme a été organisée par le ministre de la Justice et Droits humains, en collaboration avec la Commission nationale des droits de l’homme et le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme.

Le vendredi 9 décembre 2016, la salle de conférences du ministère des Affaires étrangères a servi de cadre aux manifestations officielles de la Journée internationale des droits de l’homme qui est célébrée le 10 décembre de chaque année.

Cette cérémonie a été rehaussée de la présence du ministre de la Justice et Droits humains, du président de la Cour constitutionnelle, des députés et sénateurs, du représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, du directeur du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’Homme, des chefs de missions diplomatiques, des directeurs-pays des institutions spécialisées des Nations unies en RDC, des chefs  de mission des ONGDH internationales, et des défenseurs des droits humains.

Au de cette journée, dont le thème retenu cette années est : « Défendre les droits de quelqu’un aujourd’hui », il y a eu une saynète fustigeant la violation des droits de l’homme par un policier, suivie de plusieurs allocutions.

Dans son adresse, le directeur du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’Homme (BCNUDH) a déclaré que la dignité de l’homme est la même partout, et cette journée revêt un caractère spécial pour son Bureau qui est en RDC depuis 20 ans. Après avoir reconnu que la situation s’est nettement améliorée pendant ces 10 dernières années, il a dit que beaucoup reste encore à faire, et que le BCNUDH a sauvé beaucoup de vies humaines depuis son installation.

Il a précisé : « Le thème de cette année porte en lui-même le l’objectif que s’est assigné mon Bureau : le plaidoyer que nous faisons pour la promulgation de la loi sur la protection des défenseurs des droits de l’homme ». Après avoir relevé que la RDC se trouve dans un moment crucial de son existence, il a exhorté les autorités à accélérer les mesures de décrispation politique, et à se pencher sur le cas des personnes vivant avec handicap. Il a lancé pour finir : « Nous sommes ensemble pour la protection des droits de l’homme ».

Pour sa part, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies a souligné que son rôle est assez simple : lire la Déclaration universelle des Nations unies qui se résume en deux mots « Justice et Etat de droit ». Il a donc insisté sur la liberté, la justice et les droits des personnes dans le monde, en défendant les groupes de la société civile. Pour lui donc, il faut promouvoir l’harmonie d’un monde indépendant, s’appliquer davantage à prévenir les crises touchant les droits de l’homme. Il a ainsi conclu : « Nous pouvons tous contribuer à la promotion des droits de l’homme là où nous nous trouvons ».

 

Chaque Congolais, chaque expatrié a des droits

De son côté, le représentant du président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a déclaré : « Le thème me paraît révélateur du risque que comporte la défense des droits de l’homme ». Il a affirmé que son institution ne remet jamais à plus tard la défense des droits de l’homme, et qu’elle a réussi à s’implanter dans les 26 provinces de la RDC. Il a aussi fait savoir que la CNDH a fait un rapport sur les manifestations tragiques du 19 et du 20 septembre 2016. Il a aussi dit que la CNDH défend les droits de quelqu’un en mettant toujours en exergue l’individualité. Après avoir fait remarquer que défendre les droits de l’homme, c’est favoriser le développement d’un pays, il a dit que chaque Congolais a des droits, aussi bien que les expatriés vivant dans notre pays.

Son tour venu, le ministre de la Justice et Droits humains a commencé par souligner que cette commémoration coïncide avec les 20 ans de collaboration de son ministère avec le BCNUDH. Il a fait remarquer qu’on ne peut pas défendre les droits de l’homme sans les connaître, et c’est une interpellation à nous tous. Pour lui, il faut mettre l’accent sur la sensibilisation de la population, car les droits des uns constituent les devoirs des autres. Selon lui, tout le monde a reconnu que les efforts considérables fournis par la RDC ne sont plus à démontrer. Il a déclaré que la RDC reste ouverte aux critiques, car les droits de l’homme restent un idéal à atteindre.

Le ministre a reconnu que l’appui du BCNUDH a été appréciable, et que malgré quelques périodes d’incompréhension, la RDC a maintenant de bons rapports avec ce Bureau. Il a dit à ce sujet : « Les rapports du BCNUDH nous ont permis de diligenter des poursuites pour combatte l’impunité ». Il a émis le vœu de voir le BCNUDH être à l’avenir plus pointu quant à la crédibilité de ses sources avec des faits vérifiables.

Le premier à avoir pris la parole en cette journée est Me Henri Wembolua Otshudi du Réseau de protection des défenseurs des droits de l’homme, victimes, témoins et professionnels des médias (REPRODEV/AUDF ONG) qui a lu la déclaration des organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme. Parlant du droit de défendre les droits de l’homme, il a fait remarquer que la réalisation effective et universelle des droits de l’homme est une affaire de tous même si la responsabilité première incombe à l’Etat. Il a insisté : « Le thème de la célébration de la journée des droits de l’homme de cette année, nous invite, nous interpelle et nous recommande de défendre les droits de l’homme ».

S’agissant du thème de cette année, il a dit qu’il y a plusieurs actions possibles notamment : dénoncer, protéger, respecter, interdire, plaider en faveur de, assister, aider, informer, vulgariser les lois. Qui peut défendre les droits ? Toute personne physique ou morale, tout individu, toute association ou groupe de personnes…

Il a fait voir que le « Aujourd’hui »  visé par le thème ne signifie pas une action à limiter le 9 ou le 10  décembre 2016 mais pour tous les jours comme le suggère le Secrétaire général, M. Ban ki-Moon qui a dit : « En cette journée des droits de l’homme, engageons-nous de nouveau à garantir les libertés fondamentales et à protéger les droits humains de tous ».

Il a relevé qu’en RDC, les défenseurs des droits de l’homme traversent des moments difficiles avec des arrestations, des intimidations, des menaces, harcèlements et assassinats dont ils sont l’objet et les auteurs restent souvent impunis, tel est le cas historique de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana. Certains  défenseurs des droits de l’homme sont expulsés du pays, c’est notamment le cas de M. Scott Campbell et de Mme Ida Sawyer. Et il y a eu des journalistes arrêtés et harcelés, tout simplement parce qu’ils dénoncent les violations des droits de l’homme et la corruption.

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