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Paris : une exposition retrace l’influence de l’iconographie chrétienne sur l’art Kongo

Écrit par Bienvenu Ipan. Publié dans Culture

L’exposition « Du Jourdain au Congo » montre comment l’art africain se serait saisi de l’iconographie chrétienne pour résister à la pénétration européenne, à la colonisation, ensuite à la mondialisation.

La nouvelle exposition du Musée du Quai Branly à Paris raconte, selon Télérama.fr, comment les objets chrétiens ont été détournés en Afrique, en général, et en RDC, en particulier, de leur usage initial, dès le XVe siècle. Une manière de résister à la colonisation puis à la mondialisation.

Une cuillère en bois dont le manche représente une femme sur une croix. Il s’agit d’un « Nkangi Kiditu », ces crucifix réalisés par des artisans dès le XIXe siècle en Afrique centrale. L’objet est déroutant. Les « Christ féminins » sont inexistants dans le rituel catholique. Tout aussi surprenants, les sculptures et pendentifs, les dessins et gravures qui constituent l’exposition « Du Jourdain au Congo » au musée du quai Branly, à Paris. Les pièces ont été réunies grâce à un partenariat avec le Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, en Belgique (MRAC).

Un acte de résistance

Relativement brève (moins de cent pièces), l’exposition retrace l’influence de l’iconographie chrétienne sur l’art et la culture Bakongo entre les XVe et XXe siècles. Les Bakongo, une ethnie aujourd’hui estimée à 10 millions de personnes, s’étendaient de l’actuelle République du Congo à l’Angola en passant par l’actuelle République démocratique du Congo (RDC). Leur rencontre avec les Européens et le catholicisme se fait avec l’arrivée des explorateurs portugais en 1482.

« Une volonté de maintenir les traditions et les symboles anciens dans un monde qui changeait inexorablement ». Le visiteur suit un parcours chronologique à travers lequel, au fil des siècles, les objets chrétiens sont intégrés ou réadaptés à la culture kongo. Dès la première évangélisation, au XVe siècle, les fameux « Nkangi Kiditu » vont vite cesser de servir à la prière pour être utilisés lors de rites initiatiques des jeunes gens.

A partir du XVIIIe siècle, les chinzembe (sorte de pèlerines sacerdotales en fibres de raphia) deviennent des attributs des chefs traditionnels. Tous ces objets, souvent détournés de leur usage initial, témoignent d’une grande créativité artistique. Même la gestuelle est concernée, découvre-t-on au cours de l’exposition. Les paumes jointes ne sont plus un signe de prière chrétienne, mais une attitude de déférence à un chef ou un ancien.

Une centaine d'œuvres d’art

« Cette réappropriation était d’abord une volonté de maintenir les traditions et les symboles anciens dans un monde qui changeait inexorablement », souligne Julien Volper, historien d’art et commissaire de l’exposition. Un acte de résistance donc ? Pour le curateur, l’art africain se serait saisi de l’iconographie chrétienne pour résister à la pénétration européenne, à la colonisation, ensuite à la mondialisation.

« La figure de saint Antoine de Padoue (1195-1231) a donné naissance, dès le XVIIIe siècle, à un mouvement messianique et culturel qui visait à libérer les Kongo de l’emprise des prêtres blancs », ajoute Julien Volper.

Plus tard, pendant la colonisation belge au Congo (1886-1960), le phénomène va se poursuivre. En 1921, Simon Kimbangu (1887-1951), un catéchiste local, s’engage dans une lutte contre l’ordre colonial et pour une réhabilitation de l’identité noire, à partir d’une réinterprétation de la Bible et de divers artefacts à inspiration chrétienne. L’église kimbanguiste revendique entre 17 et 22 millions fidèles sur les 67 millions d’habitants que compte la RDC. Mais, aujourd’hui, la concurrence est rude pour ce mouvement qui fait face à l’éclosion de nombreux autres courants de renouveau charismatique. Au Congo, comme dans plusieurs pays africains, ces églises dites du réveil se sont bâties comme un mode de contestation de la pensée occidentale.

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