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Samy Badibanga face au défi de la cohésion nationale

Écrit par Le Potentiel.

Une nouvelle période s’ouvre en République démocratique du Congo avec la mise en place d’un gouvernement d’union nationale issu de l’accord politique de la cité de l’Union africaine. Ce gouvernement a pour mission principale d’organiser les premières élections du cycle en l’occurrence la présidentielle couplée aux législatives nationales et provinciales en avril 2018. Cependant, l’équipe que va diriger Samy Badibanga Ntita aura aussi pour mission de se pencher sur le social des Congolais qui s’érode à la suite de l’inflation sur le marché des biens et services depuis janvier 2016.

Au sortir de la première audience officielle lui accordée par le président de la République, le mardi 22 novembre, Samy Badibanga a déclaré qu’il s’activera aussi à la cohésion nationale. En effet, la République démocratique du Congo connaît une crise profonde née de l’absence d’élections dans les délais constitutionnels, c’est-à-dire dans les temps nécessaires devant permettre l’alternance au sommet de l’Etat le 20 décembre 2016, terme du deuxième et dernier mandat de Joseph kabila.

Le dialogue national qui a été convoqué pour traiter de cette question et trouver un consensus national n’a pas su réunir tous les acteurs majeurs de la scène politique congolaise. Le Rassemblement des forces politiques et sociales du changement n’a pas participé à ces négociations et a naturellement rejeté l’accord politique qui en est sorti le 18 octobre. D’ores et déjà, sans accord politique plus large, le Rassemblement, dirigé par l’opposant historique Etienne Tshisekedi, ne jure que par le départ de l’actuel président de la République à cette date qui marque la fin constitutionnelle de son deuxième et dernier mandat.

Conscient du danger qui court le pays, le chef de l’Etat a commissionné la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) à poursuivre les consultations avec le Rassemblement, la plateforme la plus représentative de l’Opposition. Jusque-là, rien de concret n’est sorti de ces conciliabules. Malgré les appels des Etats-Unis, de l’Union européenne et des Nations unies, aucun signe de rapprochement n’est perçu entre les signataires de l’accord de la cité de l’Union africaine et le Rassemblement. Cette plateforme de l’Opposition continue à mobiliser ses  militants pour le départ de l’actuel chef de l’Etat le 19 décembre 2016 à minuit comme le veut la loi suprême. On en est là.

Le défi d’un compromis plus large reste intact et tend à demeurer si le Rassemblement ne participe pas au gouvernement dont les tractations se poursuivent. Sans accord plus inclusif, le gouvernement de Samy Badibanga sera confronté à la rue avec tout ce que cela implique. Déjà, la RDC n’a pas bonne presse dans la gestion des manifestions, surtout quand elles sont organisées par l’Opposition.

En septembre dernier, le Rassemblement a compté des dizaines de morts dans le rang de ses militants. Sans compromis avec cette bonne frange de l’Opposition avant le 19 décembre 2016, personne ne saurait prédire la tournure des évènements en RDC.

Bien que nommé premier ministre, Samy Badibanga n’a pas reçu le moindre soutien des cadres du Rassemblement. Bien au contraire. Les premières flèches sont venues d’un cadre du Rassemblement, avec la polémique sur la supposée double nationalité du nouveau Premier ministre. Dès lors, la quête de la cohésion nationale deviendra une poursuite du vent si les consultations menées par la Cenco n’aboutissent pas. Bien qu’un cadre de la Majorité présidentielle ait confirmé la poursuite des négociations avec le Rassemblement dans le cadre de la formation du gouvernement d’union nationale, tout indique que la famille politique du chef de l’Etat mise plus sur le débauchage que sur un accord formel qui serait validé par Etienne Tshisekedi lui-même.

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