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La CONEPT-RDC lance la campagne pour l’abolition des frais de scolarité

Écrit par St Augustin K. le . Publié dans Brèves

La campagne pour l’abolition des frais de scolarité en République démocratique du Congo est lancée. Pour ce faire, la Coalition nationale de l’éducation pour tous, (CONEPT RDC) a publié la note de plaidoyer pour la gratuité de l’enseignement de base.

La Coalition nationale de l’éducation pour tous (CONEPT RDC) a donné, vendredi 18 novembre dans la salle paroissiale Notre-Dame de Fatima,  à Gombe, le coup d’envoi à la grande campagne pour l’abolition des frais de scolarité en République démocratique du Congo. Elle  va se dérouler durant toute l’année 2017.

L’activité, qui avait pour thème « Abolir les frais de scolarité dans l’éducation de base, c’est investir pour l’avenir», était l’occasion pour la Coalition de procéder à la publication de la note de plaidoyer pour la gratuité de l’enseignement de base.

En principe, c’est le 20 novembre que devait être organisée l’activité, coïncidant avec la commémoration de la journée mondiale des droits de l’enfant. Une occasion pour la communauté des défenseurs de rappeler son engagement à faire des droits de l’enfant une priorité de son action.

Il faut cependant noter que la RDC éprouve d’énormes difficultés pour garantir le droit à tous une éducation de qualité gratuité et obligatoire. C’est l’un des rares pays qui dispose d’un stock de 3,5 millions d’enfants de 6-11 ans n’ayant pas espoir de s’asseoir sur un banc de l’école et 18 millions autres qui ne sont pas sûrs de demeurer à l’école.

La journée était donc une opportunité pour ces acteurs de consolider leur engagement de travailler à la promotion des droits de l’enfant à l’éducation gratuité de qualité. Cette journée avait été préparée cinq mois auparavant, au moment où des consultations avaient été initiées pour se mettre ensemble et arracher en faveur des enfants le droit d’aller à l’école de qualité comme garantie dans les instruments juridiques nationaux et internationaux.

Ce document, validé par 72 organisations de la Société civile évoluant dans le secteur de l’éducation, permet aux acteurs de parler le même langage dans la défense du droit de l’enfant à  une éducation gratuité et de qualité.

Etat des lieux du financement public de l’éducation

Pour l’essentiel, ce document de plaidoyer fait le point de la question du financement public de l’éducation, où les ménages supportent à 73% la charge de l’éducation, ce qui signifie en d’autres termes qu’en RDC, l’école publique n’existe plus. Car, on assiste à une privatisation silencieuse de l’école publique au pays de Samy Badibanga, l’actuel Premier ministre nommé de l’accord politique ayant sanctionné le dialogue de la cité de l’Union africaine.

De la lecture du document, il se dégage qu’avec l’adoption de l’Agenda 2030 pour le développement durable en 2015, la RDC et la communauté internationale se sont fixé un objectif ambitieux pour l’éducation, appelant à garantir «  l’accès de tous à une éducation, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ».

Entre 2015-2025, par le biais de la Stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation, le gouvernement congolais projette « la construction d’un système éducatif inclusif et de qualité contribuant efficacement au développement national, à la promotion de la paix et d’une citoyenneté démocratique active».

Cependant, avec un stock de 4,9millions d’enfants non scolarisés, l’enseignement primaire et secondaire universel restera un rêve si l’aide ne parvient pas à atteindre ceux qui en ont plus besoin, notamment les enfants en milieux ruraux et défavorisés, les filles, les vulnérables et les personnes vivant avec handicap.

Dans le souci de relever le défi réduire le stock d’enfants en dehors de l’école, le gouvernement a pris l’engagement à travers la loi-cadre de l’enseignement national promulguée en 2014, d’offrir 8 années d’éducation de base gratuité aux enfants. Avec l’adoption de l’ODD 4, Kinshasa et la communauté internationale se sont engagés à offrir 12 années d’éducation primaire et secondaire et au moins une année de pré-primaire de qualité gratuité et obligatoire.

Faute de financement domestique adéquat, la réalisation de la totalité des ces objectifs nationaux et internationaux sont en danger. Alors que la RDC a actuellement un budget trop faible évalué à près de 6 milliards USD, le pays perd chaque année environ 15 milliards USD dans la fraude fiscale.

Au niveau actuel des contributions des ménages dans le financement de l’éducation estimé à 40 000 Fc par élève au primaire selon une étude de SOFRECO, l’ensemble des frais de scolarité de ce niveau d’enseignement ne représenterait que 3,3% du montant perdu dans la fraude fiscale et des exonérations. Ces frais ouvrent à la voie à la marchandisation de l’éducation et ferment les portes de l’éducation de qualité aux enfants, adolescents et adultes les plus vulnérables, et issus des familles à revenu faible.

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