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France-Primaire de la droite et du centre : un duel Fillon- Juppé au second tour

Écrit par Robert Kongo, correspondant en France. Publié dans Internationale

Une surprise et une humiliation dimanche soir, à l'occasion du premier tour de la primaire de la droite. Longtemps considéré comme le quatrième homme de cette élection, François Fillon domine largement le scrutin selon les résultats officiels publiés par la Haute Autorité de la primaire. Alain Juppé, favori des sondages, arrive en deuxième position. L’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, est éliminé et annonce et a annoncé son retrait de la vie politique.

François Fillon a largement remporté le premier tour de la primaire de la droite et du centre avec 44, 2% des suffrages, devant Alain Juppé  qui recueille 28,5% des voix. Nicolas Sarkozy totalise 20,7%, selon les chiffres publiés portant sur 3,8 millions de votants. Loin derrière, figurent Nathalie Kosciusko-Morizet (2,6%), puis  Bruno Le Maire (2,4%), Jean-Frédéric Poisson (1,5%)  et Jean-François Copé (0,3%).  

Dynamique de campagne

François Fillon a réussi son pari : se qualifier  au second tour. Il a ainsi confirmé la dynamique qu’il avait créée durant la campagne.

L’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy a sereinement creusé son sillon jusqu’à s’identifier à une droite modérée sur la forme mais fermement libérale et conservatrice sur le fond. Une synthèse qui a trouvé son électorat à droite.

« Je voterai pour François Fillon au second tour de la primaire », a d’emblée déclaré Bruno Le Maire.

Jusqu’en septembre-octobre, il y avait pourtant deux favoris : Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Tandis que François Fillon, lui, disputait à Bruno Le Maire la troisième place. Les résultats ont donc confirmé les tendances des derniers sondages d’intentions de vote : montée de François Fillon, baisse d’Alain Juppé, stagnation de Nicolas Sarkozy.

Réussite de l’opération « Stop Sarkozy »

L’idée d’une primaire ouverte à tous les sympathisants de droite a été imposée par Alain Juppé et François Fillon à Nicolas Sarkozy, qui a ultérieurement feint l’avoir voulue. Il s’agissait d’une opération « Stop Sarkozy » afin de retirer aux adhérents du parti Les Républicains, réputés sarkozystes, le choix du candidat à la présidentielle.

La primaire a donc atteint son objectif. « Je ne suis pas parvenu à convaincre une majorité d’électeurs », a constaté Nicolas Sarkozy en précisant qu’il votera pour François Fillon dont « les choix politiques » lui sont « plus proches ».

Pour Nicolas Sarkozy, l'humiliation est totale. C'est un échec terrible. Il a reconnu sa défaite,  tout en annonçant  « une vie avec moins de passions publiques et plus de passions privées " et en souhaitant " bonne chance à la France ». Comme une manière de dire, une nouvelle fois, adieu à la vie politique.

Depuis son retour dans la vie politique active, en septembre 2014, Nicolas Sarkozy n’est pas parvenu à reprendre la main. Sa réélection à la présidence de l’UMP, en novembre 2014, avec 64,5% des suffrages exprimés, avait montré qu’il fallait reconquérir l’opinion jusqu’au sein même de son parti.

Les affaires, avec deux mises en examen, se sont en outre invitées durant toute la campagne pour la primaire. Une page se tourne à droite, dont il était l’homme fort depuis 2004 et sa première élection à la présidence de l’UMP.

François Fillon ouvre le jeu

Arrivé deuxième lors de ce scrutin, Alain Juppé a affirmé avoir « décidé de continuer le combat », « C'est un combat, projet contre-projet, qui s'engage. Ce premier tour consiste en une surprise, dimanche prochain sera une autre surprise », a-t-il déclaré.

Le duel entre Alain Juppé et François Fillon vient considérablement bouleverser la donne. Alain Juppé a en effet en grande partie misé sur un rejet de Nicolas Sarkozy en attirant à la primaire un électorat du centre, voire de gauche. Nul ne sait comment se comportera, dimanche 27 novembre, cet électorat, qui n’est pas de droite.

Autre incertitude : même si le Mouvement Démocrate (MoDem) ne participe pas en tant que tel à la primaire, François Bayrou avait indiqué qu’il souhaitait la victoire d’Alain Juppé et qu’il serait candidat en cas de victoire de Nicolas Sarkozy.

Or, son attitude  en cas de victoire de François Fillon dimanche prochain n’est pas connue. Une candidature ou non de François Bayrou peut changer la donne, aussi bien pour le candidat Les Républicains (LR),  que pour celui du Parti socialiste (PS) ou pour Emmanuel Macron.

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