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Cinq questions à Henry Mutombo (*)

Écrit par Super User. Publié dans 5 Questions à...

 

1.  La communauté internationale appelle au dialogue consensuel pour la tenue des élections dans le délai constitutionnel. Quel est votre point de vue ?

Le président de notre parti,l’Engagement pour citoyen et développement (EciDé),et la Dynamique de l’Opposition ont rencontré M. Ban Ki-moon. Mais, au cours de cet entretien, ils ont réitéré notre position quant au dialogue. Nous lui avons dit que le dialogue est inopportun d’autant plus que nous ne voyons pas les raisons de ce forum. S’il faut aller au dialogue pour discuter de questions de la sécurisation et de financement des élections, de la révision du fichier électoral, nous trouvons que toutes ces questions ne reposent pas sur un fondement solide pouvant le justifier. Et vous vous souviendrez qu’en 2012, nous avions demandé à nos compatriotes de la Majorité présidentielle d’aller au dialogue par ce qu’il y avait crise de légitimité, ils ne l’avaient pas accepté. Pour eux, il n’y avait pas crise de légitimité, les institutions fonctionnaient normalement. Après notre insistance,  nous avions obtenu l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. Et pourtant, l’insistance visait à ce qu’on ait un dialogue dans notre pays pour décrisper cette crise. Mais nos compatriotes ne voulaient pas l’entendre de cette oreille. D’où vient qu’aujourd’hui, à quelques mois des élections, qu’on nous demande d’aller au dialogue. Nous disons non, c’est inopportun. Une seule discussion, un seul cadre pouvant justifier ce forum, c’est un forum technique réunissant nos amis de la Majorité avec nous de l’Opposition pour discuter de questions essentiellement électorales. Comment la Céni va organiser les élections dans le délai constitutionnel.

2.  Comment réagissez-vous à la position de G7 qui, aujourd’hui, exige des négociations directes entre acteurs politiques ?

Ici, je ne peux en aucune manière parler de G7 d’autant plus que je ne suis pas membre de cette plate-forme politique. Je ne prends pas part à leurs stratégies ou à tout ce qu’il programme au sein de leur famille politique, voire leur laboratoire.

3. Devant des sons discordants entre Dynamique de l’Opposition, G7 et Front citoyen 2016, ne craignez-vous pas de placer le pays sur une voie apocalyptique ?

Pas du tout. Il n’existe pas un groupe humain où il n’y a pas de divergence. Mais tous aujourd’hui, nous avons un seul objectif, notamment obtenir les élections dans le délai constitutionnel. Nous poursuivons un même objectif qu’est l’alternance pour qu’il y ait l’enrôlement de nouveaux majeurs, la révision du fichier électoral. Bref, que les élections s’organisent dans le délai. Donc, on peut éviter d’autres divergences pour ne pas mettre à mal notre regroupement ni plomber notre union en vue d’obtenir l’alternance cette année.

4.  Le 19 janvier dernier a été un rendez-vous manqué pour l’Opposition. Quel a été votre sentiment ?

Vous savez, nous condamnons fermement la restriction des droits et libertés fondamentaux garantis par la Constitution de la République. Ce jour-là, il était prévu par l’Opposition, ici au Congo, et la Société civile qu’on puisse commémorer la mort de nos frères tombés le 19 janvier 2015. Ils ont été dans la rue ce jour-là pour mettre la pression sur le gouvernement ainsi que sa Majorité présidentielle afin qu’ils ne puissent pas tripatouiller la Constitution, moins encore  modifier la loi électorale. Mais,  c’est malheureux que nous soyons dans un État qui s’appelle « République démocratique  du Congo » alors que la démocratie ne se vit ni dans sa profondeur ni par ses principes. C’est beaucoup regrettable. Ce jour-là, les sites ciblés pour commémorer la date du 19 janvier ont été investis par les policiers et les militaires. Nous avons fustigé ce comportement parce que la différence de l’autre ne peut en aucune manière devenir une hostilité.

5.  Vous projetez d’intenses manifestations pour  la tenue des élections dans le délai constitutionnel. Croyez-vous en leur réussite ?

 

Nous allons y parvenir. Ceux qui dirigent le pays aujourd’hui sont nos compatriotes de la Majorité présidentielle. Ils savent que cette démarche est l’incarnation de la volonté populaire. Ce sont des Congolais qui exigent cette élection. Vous avez vu le 16 février pour la commémoration des martyrs qui sont tombés en 1992 vous avez vu qu’on a demandé aux Congolaises et Congolais de rester à la maison. C’est effectivement pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il mette des moyens à la disposition de la Céni en vue de l’organisation des élections. Et cela a été une réussite. C’est-à-dire que la population s’attend aujourd’hui à l’organisation des élections dans notre pays dans le délai constitutionnel. Parce qu’il faut que notre Constitution soit respectée. Dans la Constitution, l’alternance est garantie. Nous avons foi et nous croyons que toutes les pressions vont produire des effets.